Affaire BLA : Le procès passe en appel ce 11 mai.

Par Brandy MAMBOUNDOU / 10 mai 2021 / 0 commentaire(s)
Brice Laccruche Alihanga passera ce 11 mai à la barre en appel.

Portée en cour d’appel par les avocats de la défense, l’affaire Brice Laccruche Alihanga (BLA), l’ancien directeur de cabinet du président de la République poursuivi pour « détention frauduleuse de documents administratifs », sera jugée ce 11 mai par la chambre correctionnelle.

C’est l’un des avocats de BLA, Me Jean-Paul Moumbembe, qui a donné l’information, disant être surpris par la rapidité avec laquelle la juridiction de second degré a programmé l’audience : « Le greffier près le parquet général vient de m’informer que le ministère public contre Laccruche passe ce mardi 11 mai 2021 à 9 heures devant la chambre correctionnelle pour l’examen du dossier. Quelle célérité historique ! » Les avocats ont interjeté appel le 3 mai.

En détention préventive depuis dix-sept mois pour des faits de détournement de fonds publics et blanchiment de capitaux en bande organisée, l’ancien directeur de cabinet du président de la République est désormais poursuivi pour détention de faux documents d’état civil, notamment son acte de naissance et son certificat de nationalité gabonaise. Ses avocats, Mes Jean-Paul Moumbembe, Anges Kévin Nzigou et Iréné Mezui, ont, après avoir remis en cause la compétence du tribunal correctionnel de Libreville, exigé la comparution des magistrats qui avaient délivré à BLA les documents que la justice remet en cause. C’est le refus du tribunal d’accéder à cette demande qui a décidé les avocats à interjeter appel. Non sans dénoncer le changement des chefs d’accusation.

Initialement, l’affaire devait être jugée le 29 avril. La première audience fut renvoyée au 3 mai car les avocats de la défense s’étaient plaints de ne pas avoir eu accès au dossier au préalable. Il était apparu que le prévenu lui-même n’en avait pas pris connaissance et que, donc, il ignorait les faits qui lui étaient reprochés.

La justice gabonaise est connue pour sa lenteur. D’autres personnes accusées des mêmes faits de détournement de fonds publics et blanchiment de capitaux en bande organisée, dans le cadre de l’opération anticorruption Scorpion, sont toujours en prison depuis plus d’un an et demi. A l’exemple des anciens ministres Tony Ondo Mba et Justin Ndoundangoye. Par contre, d’autres encore ont été mises en liberté provisoire, comme l’ancien ministre du Pétrole Noël Mboumba.

Alors, que peut-on en espérer de la justice ? Les avocats de BLA ne se font pas d’illusions. Le 29 avril, Me Nzigou disait craindre « une parodie de procès » alors que son client « est déjà condamné ». Pas étonnant qu’à la cour d’appel, l’on assiste à un imbroglio judiciaire devant finir en cassation.

L’ancien directeur de cabinet du président de la République est né Français, à Marseille, en 1980. Comment est-il devenu Gabonais ?

 

Brandy MAMBOUNDOU

Article du 10 mai 2021 - 2:57pm

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