Après sa sortie de l’hôpital : le message très touchant de Raymond Ndong Sima

Par Brandy MAMBOUNDOU / 12 jan 2022 / 0 commentaire(s)
Raymond Ndong Sima, l'ancien Premier ministre.

L’ancien Premier ministre a, non seulement exprimé sa reconnaissance au personnel soignant de l’hôpital d’instruction des Armées Omar Bongo Ondimba de Libreville mais aussi, remis à leur place « les journalistes fantômes de la présidence » qui s’en prennent à sa personne et risquent de faire sauter la République.

On peut tout dire ; tout avancer ; ergoter autour de sa personne ; condamner certaines de ses postures républicaines…mais il faut admettre deux choses : Raymond Ndong Raymond accepte la contradiction et il est resté cohérent dans ses prises de position publique. Peu importe donc l’angle d’observation, il a été le Premier ministre qui aura « montré à Ali Bongo et à son Maixent Accrombessi, son influent directeur de cabinet, la dangerosité de leur gouvernance », glisse un ancien membre du cabinet du président de la République lors de son premier septennat. C’est dire ! 

C’est cet homme qui, après un séjour médical à l’hôpital d’instruction des Armées Omar Bongo Ondimba de Libreville, a posté un message touchant sur les réseaux sociaux. S’il remercie le personnel soignant de cette structure hospitalière qui a pris soin de lui « avec professionnalisme et diligence et (lui) a permis de retrouver rapidement (sa) santé », il pointe, cependant, les « autres qui avaient commencé à préparer des couronnes et à envoyer des messages ironiques de satisfaction pensant déjà être débarrassés de moi ».

Non sans rappeler « aux journalistes fantômes de la présidence (que personne n’a jamais vu poser la moindre question en conférence de presse du Porte-parole du président de la République mais qui agissent si courageusement en mode furtif) qu’ils ont la mémoire courte, très courte ». Pour leur gouvernance donc, précise-t-il, « quatre premiers ministres ont été nommés après moi depuis janvier 2014, mais c’est moi qui continue à ressasser un mécontentement qui retient l’attention et pourrit l’ambiance générale du pays ».

Confidence pour confidence, RNS rappelle au bon souvenir de ceux qui l’auront oublié que « c’est à moi « le mécontent » qu’ABO, qui semble les envoyer désormais raconter des inepties à mon sujet, a envoyé à mon domicile une forte équipe de sa garde rapprochée lourdement armée n’est-ce pas Hervé Patrick Opiangah début septembre 2016 lorsque la ville était en ébullition pour me demander de venir faire un appel à l’apaisement à la télévision devant le représentant de l’Union européenne ».

Mieux ou pire, c’est selon, révèle l’ancien candidat à la présidentielle de 2016 « c’est aussi à « ce même mécontent » qu’ABO a téléphoné pour l’inviter à dépasser les tensions du moment et à faire preuve d’esprit républicain en venant assister à son investiture. 6 ans plus tard, malgré les injures que tout cela m’a valu, il n’a jamais trouvé une seule fois un mot pour saluer cet esprit républicain et rétablir les faits. O tempora, o mores ! C’est cet esprit qui anime ses artificiers quoi de vraiment étonnant ? »

Au reste, un fait révélateur questionne « ce qui nous gouverne » (Dixit Me Paulette Oyane Ondo). Les propos ci-après de RNS donnent froid dans le dos « c’est donc avec moi que ces journalistes fantômes ont décidé d’en découdre, en appelant à mots à peine couverts à ma liquidation pendant que j’étais à leur merci dans un hôpital sous leur contrôle, avec des montages audios d’un grotesque affligeant ».

Ces révélations ne sont pas faites par n’importe qui. Raymond Ndong Sima est l’un des concepteurs du fonctionnement de la société gabonaise aujourd’hui. Il sait de quoi il parle ; que les citoyens de ce pays, contradicteurs du système sont proprement liquidés dans les hôpitaux construits avec la sueur de leurs propres efforts. Qui plus que l’ancien Premier ministre du Gabon pour le savoir ? Lui qui avait à sa disposition l’ensemble de l’appareil sécuritaire et répressif de l’Etat.

Pour tout dire, la situation du Gabon est explosive. « Voulant faire du zèle, avertit Raymond Ndong Sima, ces guignols de la présidence passent le clair de leur temps à claquer inconsciemment des allumettes dans les poudrières de la République. Un jour ils la feront sauter sans même faire exprès ».

Requiem sur une Nation !

Nicolas NDONG ESSONO

Article du 12 janvier 2022 - 2:11pm

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