Burkina-Faso : Blaise Compaoré happé par « qui tue par l’épée périra par l’épée »

Par Brandy MAMBOUNDOU / 12 avr 2022 / 0 commentaire(s)
Blaise Compaoré a été jugé et condamné à la perpétuité.

Cette loi immuable des Saintes Ecritures a le mérite de nous édifier continuellement et de façon très claire. L’ex-président burkinabé, Blaise Compaoré, assassin de son prédécesseur et frère d’arme, Thomas Sankara, a été chassé du pouvoir le 31 octobre 2014, par le mouvement « Balai citoyen ». Naguère considéré comme l’oreille et l’œil de l’Elysée en Afrique francophone, Blaise Compaoré, qui se croyait inattaquable et pouvant tuer et mépriser impunément ses compatriotes, a été jugé et condamné à la perpétuité, dans un procès dont il refusait la tenue pendant ses années de gloire.

« L’amer et le doux sont des qualités contraires. Il est bien amer à un magistrat dépossédé de voir son ennemi officier à sa place ». Une métaphore des temps anciens qui s’invite dans la vie actuelle. Blaise Compaoré a régné sur le Burkina Faso pendant plus de deux décennies. Pendant son règne sur le « Pays des hommes intègres », l’assassin de Thomas Sankara, son alter ego pendant plusieurs années, n’avait jamais imaginé qu’il pourrait rendre, tôt ou tard, des comptes au peuple burkinabé. Il a intentionnellement refusé que la Justice de son pays tienne un procès pour établir la vérité sur l’assassinat de celui qui avait été considéré comme un héros contre l’impérialisme dans son pays et qui est tombé sous les balles assassines d’un commando à la solde de celui qu’il prenait pour son meilleur ami. Et cela, en complicité avec des puissances et même des chefs d’Etat de certains pays voisins, tous acquis à la solde de l’impérialiste.

Depuis cet acte ignoble, Blaise Compaoré passait désormais comme un homme puissant dans les pays francophones, surtout ceux de l’Afrique de l’Ouest. Le palais de l’Elysée lui était ouvert à toute heure et en toute saison. Il se croyait désormais intouchable. Depuis 2014, chassé par le peuple et réfugié au pays de son épouse, la Côte d’ivoire, l’ancien dictateur du Burkina Faso n’est aujourd’hui que l’ombre de lui-même. Comment en serait-il autrement ? Présentement malade, Blaise Compaoré a essuyé un refus catégorique de ces anciens commanditaires, les autorités françaises, pour se soigner dans un luxueux hôpital de Paris.

Et pourquoi se soigner en France ? Au temps de sa gloire, « Beau Blaise » avait oublié de doter son pays d’hôpitaux, croyant que seuls les pauvres qu’il piétinait allègrement, avaient besoin de soins médicaux. Aujourd’hui, il est obligé de goûter à la coupe amère dans laquelle il a toujours servi son peuple. Condamné à la perpétuité par ceux qu’il jugeait hier, il est sur le point d’être extradé de la Côte d’ivoire vers son pays le Burkina Faso. Celui qui aura passé tout son temps à n’enrichir que les hommes de son clan et son entourage immédiat devra rendre compte de sa gestion à la tête du pays et à ce peuple qu’il a martyrisé des dizaines d’années durant.

L’ancien capitaine du régiment commando de Pô, à une centaine de kilomètres de Ouagadougou, a été effectivement protégé pendant plus de deux décennies par les autorités de l’Elysée. Les autorités françaises ne prêtaient guère attention lorsque Blaise Compaoré violait impunément les droits de ses compatriotes et lorsqu’il participait à la déstabilisation des pays voisins. Aujourd’hui, il est traité en pestiféré par la France au point que sa présence sur le sol français est considérée comme une abomination.

Ainsi sera la fin de tous les tyrans et de tous ceux qui se croient au-dessus de son peuple. Tôt ou tard ils finiront par rendre des comptes à ce même peuple qu’ils méprisent lorsqu’ils sont au zénith de leur pouvoir. Aucune dette ne reste impayée, même si elle est remise. Ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir devraient méditer sur la fin qui les attend. Car, comme soulignait Jean de la Fontaine « En toute chose, il faut considérer la fin ». On ne peut abuser éternellement de son pouvoir pour opprimer tout un peuple. Aujourd’hui Blaise Compaoré l’apprend à ses dépens. Qu’en sera-t-il pour ceux qui se croient encore intouchables ? « Le bonheur des méchants, comme un torrent s’écoule », dixit Jean Racine. 

Brandy MAMBOUNDOU

Article du 12 avril 2022 - 11:07am
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