Casse de la prison de Tchibanga : Flicaille ou racaille ?

Par Brandy MAMBOUNDOU / 27 juil 2021 / 0 commentaire(s)
Le commandement en chef de la police doit régler le problème de la moralité des agents.

L’esprit de corps ne saurait justifier que de hauts gradés de la police, dont on attend qu’ils servent d’exemples pour les hommes du rang et les citoyens en matière de respect du fonctionnement régulier de la société, se rendent coupables d’une expédition dans une prison aux fins d’en soustraire un des leurs, permettant par la même occasion l’évasion de détenus. L’explication est à chercher dans le relâchement en ce qui concerne les critères d’incorporation et de promotion, notamment la moralité des agents.

Si les faits sont conformes au récit qui circule sur les réseaux sociaux, on peine à s’imaginer un officier supérieur de la police faisant le coup de poing avec un citoyen pour une banale affaire de poisson à la braise. Ce type n’a-t-il pas suivi pendant sa formation de base un cours de droit qui l’aurait sensibilisé aux infractions de coups et blessures volontaires et voies de fait ? Au cas où cet enseignement n’aurait pas figuré au programme, un officier supérieur peut-il manquer de culture générale et de retenue à ce point ? Sur quelles bases alors ses supérieurs hiérarchiques l’ont-ils promu jusqu’à ce niveau ? Le copinage ou le népotisme ambiants ?

Les mêmes questions et d’autres se posent concernant ses collègues qui ont organisé l’assaut sur la prison de Tchibanga. Ne sont-ils pas instruits des voies de recours en cas de placement d’un individu sous mandat de dépôt ? L’esprit de corps qui semble servir d’argument aurait dû les convaincre de se cotiser pour engager un avocat qui allait demander la liberté provisoire.

Vu l’extrême gravité de la situation, le commandement en chef des Forces de police nationale a immédiatement suspendu les quatre officiers supérieurs impliqués dans cette affaire, à l’effet de permettre un déroulement serein des enquêtes diligentées. Mais l’opinion, que la hiérarchie de la police a habituée à voir des hommes du rang indélicats radiés et humiliés publiquement, attend des sanctions exemplaires à l’endroit des officiers supérieurs qui ont gravement terni l’image de tout un corps, jadis respecté.

A en croire certaines indiscrétions, l’assaut sur la prison de Tchibanga est révélateur des rapports difficiles entre les policiers et les magistrats à l’intérieur du pays. Le commandement en chef, le ministère de l’intérieur et celui de la Justice en ont-ils conscience ? Qu’ont-ils entrepris en vue de mettre un terme aux frictions entre les membres de la grande famille de ceux qui sont chargés de faire respecter la loi et l’ordre public ? Qu’est-ce qui n’a pas marché ?

La situation de crise née des événements de Tchibanga devrait permettre de prendre conscience des failles d’une organisation et d’y remédier dans les meilleurs délais.

Elzo MVOULA

Article du 27 juillet 2021 - 10:01am

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