Gabon : Acculé et abandonné, Alain Bâ Oumar démissionne de la Confédération patronale gabonaise

Par Brandy MAMBOUNDOU / 26 mai 2022 / 0 commentaire(s)
Henri Claude Oyima, au milieu, revient à la tête du Patronat.

Il avait, comme la plupart des Gabonais qui accèdent à des fonctions sans préalablement maîtriser la gestion des Hommes et comprendre les enjeux, bouché ses oreilles aux observations des membres de la CPG. Sans comprendre ce qui lui arrive, le désormais ex-président de la CPG sort par la petite porte. Henri-Claude Oyima se positionne. 

Bien qu’attendu depuis quelques mois, le départ improvisé de Bâ Oumar de la tête du bureau de la Confédération patronale gabonaise (CPG) n’est point passé par pertes et profits. Alain Bâ Oumar n’aura pas tenu face à la crise qui secoue l’organisation patronale. A la tête d’un bateau devenu ivre au fil des années, sa gestion était qualifiée de « scabreuse » par les membres du Patronat.

Des sources informent que ce départ, loin d’une démission volontaire, serait, comme il est devenu une coutume dans ce pays, le résultat d’une pression menée par des hommes de l’ombre. Pour quel mobile ? Là réside tout le mystère. Ici et là, des bruits de couloir prétendent qu’Henri Claude Oyima, qui a présidé cette confédération durant plusieurs années, serait sur le point de revenir. Soupçonné, il y a quelques mois, de lorgner avec les yeux de Chimène le fauteuil présidentiel, le banquier pourrait ajouter cette confédération patronale dans sa gibecière. Ce qui ne serait qu’un point de gagné sur ses éventuels concurrents. Car, c’est aussi connu : celui qui gère le patronat a incontestablement un pas d’avance sur ses éventuels adversaires.

Retour des investisseurs

Aujourd’hui, l’économie vacillante du Gabon, en passant sous le contrôle d’un banquier, a beaucoup de chances de rebondir grâce au retour des investisseurs qui reprendraient le chemin de Libreville. Ce qui serait une aubaine pour les prochaines élections de 2023. Sauf qu’Henri Claude Oyima n’est point un banquier comme les autres. En effet, le patron de BGFI sait qu’il lui faudrait la bénédiction de la famille Bongo, dont il gère le patrimoine financier, pour satisfaire ses ambitions. A moins qu’il ne soit carrément poussé par cette famille pour mieux sauvegarder les acquis. Car on ne laisse guère une telle fortune familiale entre de mains hasardeuses.

A côté de Henri Claude Oyima, le cabinet présidentiel aurait son candidat. Et les observateurs bien avertis auraient remarqué que c’est après une audience, (ou une convocation ?) du président de la République qu’Alain Bâ Oumar aurait décidé de lâcher prise. Et la presse du bord de mer a été la première à s’empresser pour annoncer « la bonne nouvelle ». Aurait-il cédé à des pressions pour libérer le fauteuil ? Rien n’est moins sûr. Toujours est-il que des commentaires dans les milieux d’affaires gabonais, il ressort que l’hypothèse d’une démission volontaire serait vite balayée du revers de la main. Car, le modus operandi du cabinet présidentiel est désormais connu de tous. Tout commence par des piques dans la presse du bord de mer, s’ensuit une convocation en bonne règle à la présidence de la République et la démission conclut la matière.

Alain Bâ Oumar dirigeait une coquille vide

Dans tous les cas, avant sa démission (forcée ?), Alain Bâ Oumar dirigeait une coquille vide. Plusieurs adhérents et non des moindres avaient quitté le navire : l’Association professionnelle des établissements de crédit (Apec), du Syndicat des importateurs et exportateurs (Simpex), de l’Union des représentants automobiles et industriels (Urai), du Syndicat des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics (SEBTP), Syndicat des sociétés hôtelières et de restauration, du Groupement professionnel des pétroliers (GPP), du Groupement des transporteurs terrestres et General business machines (GBM). Aussi, même si, selon nos informations, Alain Bâ Oumar regarde le patron de BGFIBank de très haut, Henri Claude Oyima risque d’être son successeur à la tête de la CPG. 

Comme quoi, dans deux mois, Alain Bâ Oumar et la CPG : ce sera de l’histoire ancienne.

Vichanie MAMBOUNDOU

Article du 26 mai 2022 - 1:36pm

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