Gabon : Franck Boukamba et compagnie lâchent Maganga Moussavou avec son PSD

Par Nicolas NDONG ESSONO / 21 avr 2022 / 0 commentaire(s)
Franck Boukamba et d'autres membres ont démissionnés du PSD.

Va-t-on réellement pouvoir parvenir à une alternance politique dans ce pays ? En tout cas le changement tant souhaité par les populations, avec de tels agissements au sein de l’opposition gabonaise, le bout du tunnel serait très loin.

Les derniers événements provenant du département de la Zadié, dans la province de l’Ogooué-Ivindo, viennent prouver que le chemin à parcourir pour atteindre une véritable gouvernance démocratique est encore long. A en juger par le nombre constamment en hausse des désistements et autres contradictions qui font régulièrement l’actualité nationale autour de l’opposition. Tout montre que la sincérité démocratique et un véritable militantisme ne sont que des conceptions absolument contraires à une réelle conception de la démocratie participative sous nos tropiques. Les spéculations et les surenchères ont toujours pris le dessus sur un véritable idéal politique.

Le prix d’un mensonge

Plus un mois ne passe sans que l’opposition ne subisse douloureusement des démissions dans ses rangs et des ralliements au Parti Démocratique Gabonais (PDG). Après les épisodes de René Ndemezo’o Obiang, Jean Eyéghé Ndong, Féfé Onanga, les élus du parti les Démocrates de Guy Nzouba Dama, il y a juste quelques semaines, c’est autour de Pierre Claver Maganga Moussavou, président du Parti social démocrate (PSD) de perdre plusieurs de ses militants et élus. Un groupe de démissionnaires composé principalement des élus nationaux et locaux du département de la Zadié. La lettre de démission datée du jeudi 14 avril dernier de Franck Boukamba Ndombi, député de la Zadié à Mekambo, élu sous les couleurs du PSD, ressemble, ni plus ni moins, à la pièce de la monnaie rendue à Pierre Claver Maganga Moussavou. On se rappelle que le président du PSD s’est aussi rendu parjure, après avoir reconnu la victoire de Jean Ping à l’élection présidentielle de 2016, pour finir dans un retournement de veste qui a coûté la vie à plusieurs Gabonais. Une vile trahison qui l’avait ouvert les portes de la Vice-présidence de la République et un strapontin pour son rejeton dans le gouvernement. Aujourd’hui, qui pourrait verser des larmes pour celui qui n’a eu aucun remord à mentir au peuple pour satisfaire son ambition politique ? C’est vrai : « Les morts ne sont pas morts ».

Le paradoxe est que depuis ses déboires avec le pouvoir, notamment depuis que son fils a été viré du gouvernement, l’ancien Vice-président de la République ne cesse de donner de la voix. En effet, l’éviction de son fils de l’équipe gouvernementale aurait été la goutte d’eau qui a fini par faire déborder le sang froid de « MagMouss ». C’est certainement pour ne point se laisser immoler sur l’autel de la politique et boire le calice jusqu’à la lie, que le Bouvier de Moutassou veut prendre de l’avance en déclarant, sans surprise, sa décision de se présenter à la prochaine présidentielle de 2023. L’abondance de ses déclarations, depuis ses mésaventures, a fini par exacerber bon nombre de ses militants, surtout son dernier point de presse qui n’aurait pas été du goût de ses anciens compères des bords de la Zadié.

Un malheur ne vient jamais seul

Le départ de Biendi Manganga Moussavou du PSD pour le PDG était-il la prémonition d’un éminent séisme ? En tout cas, la lettre de démission des militants est très explicite : « Au fil des années et en plein cheminement politique, nous, militants et élus du Parti social-démocrate de la Zadié, venons constater avec amertume et regret que le leader du PSD s’est totalement démarqué de ses engagements et de cette nouvelle vision », a dénoncé le chef de file des démissionnaires de la Zadié dans son épître. Pour le député, les agissements de leur désormais ex-leader seraient la pierre d’achoppement qui les aurait poussés à la démission. « Considérant nos engagements avec notre base électorale, nous, élus et militants du Parti social-démocrate de la Zadié, décidons de manière unanime et solennelle ce jour, devant l’histoire, de démissionner du Parti social-démocrate », a indiqué l’honorable député, qui pourrait, par cette démission perdre son écharpe de député et son siège au Palais Léon Mba. Une avalanche d’adversités qui donneront des cauchemars à l’ancien maire de Mouila.

Il est à noter que le PSD n’est pas seul à goûter au fiel des militants estampillés « opposition ». Nombreux sont les matelots qui ont sauté du bateau, à l’exemple de plusieurs notables de ce bord politique qui ont décidé de rejoindre, avec armes et bagages, Ali Bongo au sein du « parti des masses ». Et pour se donner bonne conscience pour cet ignominieux ralliement, Franck Boukamba et bien d’autres cadres justifient leur acte pour, disent-ils, rejoindre la prétendue « vision d’Ali Bongo ». Alors que le combat de l’opposition consiste justement à révoquer cette « vision d’Ali Bongo » dont le bilan est lamentable, selon plusieurs observateurs de la vie sociopolitique du Gabon.

Elzo MVOULA

 

Article du 21 avril 2022 - 9:06pm

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