Gabon : La représentation du Fonds monétaire internationale révèle le véritable taux d’endettement

Par Nicolas NDONG ESSONO / 12 juin 2024 / 0 commentaire(s)

 

Lors d’une rencontre avec la presse locale, le 10 juin, le représentant résident du Fonds monétaire internationale (FMI) a présenté un tableau peu luxurieux du taux d’endettement du Gabon. Selon Gomez Agou, la réalité de la dette avait été escamotée par l’ancien régime. Mais dès sa prise de pouvoir, les nouvelles autorités du Gabon ont mis à la disposition de l’équipe du FMI toutes les informations nécessaires, qui ont permis d’évaluer avec exactitude le niveau de la dette publique.

Le Représentant résident du FMI a tout d’abord tenu à expliquer la composition de l’ensemble de la dette intérieure et internationale. La dette publique, constituée de l’ensemble des engagements financiers de l’Etat auprès de ses partenaires locaux et internationaux, s’élève, pour ce qui du Gabon à 70,5 % du PIB, a souligné Gomez Agou. Ce taux concernerait spécifiquement les chiffres d’une gestion de 2022 à 2023, avant donc la prise du pouvoir par les militaires.

Malgré ce fort taux d’endettement, Gomez Agou a relevé le recul du pouvoir d’achat de la population gabonaise par rapport aux autres pays de la zone franc et en Afrique subsaharienne. Dans ces pays, le salarié qui gagnait 100.000 Fcfa en 1990, reçoit aujourd’hui 130.000 Fcfa. Prenant l’exemple des pays à revenu intermédiaire, dont fait partie le Gabon, où un salarié pouvait gagner 100.000 Fcfa en 1990, celui-ci recevrait aujourd’hui jusqu’à 285.000 Fcfa. A contrario, le Gabonais qui gagnait 100.000 Fcfa en 1990, gagne aujourd’hui 85.000 Fcfa. « Donc il y a eu au Gabon, un recul du niveau de revenu de la population. Ce recul du niveau de revenu s’est accompagné d’un accroissement du chômage. Le chômage aujourd’hui au Gabon, selon les chiffres que les autorités ont partagés avec nous est environ à 36%. Et encore plus important, c’est au sein des jeunes. Le chômage est aujourd’hui à 40% au sein de la jeunesse ». A déclaré le Représentant résident du FMI.

Le chiffre de la dette qui s’élève à 70,5%, s’est accéléré en 2022 et en 2023 avant le 30 août, à cause du contexte électorale. Ceci aurait occasionné des dépenses extrabudgétaires, faites donc en dehors du budget en 2022 et en 2023 dans le cadre des élections. A l’arrivée des nouvelles autorités, celles-ci ont présenté la véritable situation de l’endettement qui avait été dissimulée. « Cette dette est aujourd’hui à 70.5%, donc au-dessus du niveau communautaire de la CEMAC. La priorité sur cette situation est qu’il est essentiel de rapidement ramener la dette à des niveaux qui soient raisonnables », a estimé Gomez Agou.

Le problème actuellement se pose au niveau de la forte demande de la population et des besoins de développement, de façon légitime. « Il est donc essentiel pour nous, de dire que les nouvelles autorités trouvent l’équilibre entre satisfaire les besoins et la demande sociale et les besoins de développement de la population et s’assurer de ne pas surendetter le pays. Puisqu’elles ont déjà trouvé une situation de dette fragilisée, comment faire pour que le rythme de la dette ralentisse. Parce que si le rythme de la dette ne se ralentit pas, on risque de se retrouver dans une situation de surendettement ». A souligné le l’orateur.

Naturellement, toujours selon Gomez Agou, l’Etat devrait élaborer un plan de la réduction de la dette, en faisant des efforts pour augmenter les recettes de l’Etat par les impôts et par les douanes. Et aussi par un effort de réduction du rythme des dépenses de l’Etat.

Cette réduction des dépenses pourrait se faire sans couper dans les dépenses sociales et dans les dépenses de développement qui sont des développements importants pour le pays. L’élément important, selon le rapport du FMI, c’est la diversification de l’économie. Cette diversification serait possible par la création de nouveaux secteurs qui seront porteurs d’emplois.

Brandy Mamboudou 

 

 

 

 

 

Article du 12 juin 2024 - 2:32pm
Article vu "en cours dév"

Nombre de Commentaires (0)

Faites un commentaire !