Gabon : l’Agasa et la problématique de la sécurité alimentaire

Par Brandy MAMBOUNDOU / 11 oct 2021 / 0 commentaire(s)
Les engrais font pousser ce que nous consommons.

Contrairement à l’ère de son prédécesseur, le Dr Sylvain Enkoro, la sœur du président de la République, la Dg de cette structure, ne rassure personne. Bien au contraire, les Gabonais sont plus que jamais inquiets de ce qu’ils consomment.

L’aliment, disent les nutritionnistes, est le premier médicament du corps. D’où l’importance, pour chaque être humain, de veiller sur ce qu’il consomme. C’est pourquoi, les structures de l’Etat en charge de veille et de riposte contre les mauvaises pratiques doivent être efficaces et efficientes.

Aussi, créée pour prévenir, détecter et gérer les risques sanitaires et nutritionnels présents dans les aliments, l'Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa) semble-t-elle bien loin d’assurer convenablement ses missions. Une situation pour le moins incompréhensible, au regard de la débauche de moyens, avec comme corollaire de faire courir des risques à la santé des consommateurs gabonais.

En effet, il n’est pas rare de voir dans des coins de rue de Libreville et ses environs une multitude de revendeurs d’aliments. Du poisson à la braise souvent avarié aux « nikes » servis dans des emballages non appropriés, en passant par les spaghetti-viande réchauffés cuits la veille, les coupés-coupés dont personne ne connaît l’origine de la viande, des légumes faites à base de cocktail d’engrais non contrôlé… tout y passe. Des activités qui, malheureusement, se poursuivent au nez et à la barbe de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa), qui peine à assurer de manière efficace ses missions.

Disons-le donc, cette agence dirigée par Alia Maheva Bongo Ondimba, sœur d’Ali Bongo Ondimba, et Biendi Maganga Moussavou, le ministre de l’Agriculture, s’est spécialisée dans une communication en trompe-l'œil avec, parfois, l’organisation de séminaires qui n’ont jamais porté ses fruits. La preuve : différents commerces se multiplient comme des petits pains dans les rues du pays.

Au ministère de l’Agriculture, c’est motus et bouche cousue sur l'inefficacité de cette agence qui, pourtant, dispose de moyens très importants mais dont le résultat se fait attendre. Un fait pas très étonnant lorsqu’on sait que le patron de ce département ministériel n’est autre que Biendi Maganga, l'époux de la patronne de l’Agasa. Ceci serait de nature à expliquer cela.

Un cas parmi tant d’autres, celui de la fabrique des galettes insalubres à Alibandeng. Là-bas, dit-on dans la zone, un ressortissant étranger et sa femme produiraient ce pain sans respect des mesures d’hygiène.

Fermé et sommé de mettre aux normes leur activité, le couple continuerait d’exercer illégalement et dans des conditions sanitaires douteuses sa sale besogne. Poussant désormais à douter de ce que leurs clients consomment.

Vivement que la sœur du président de la République use davantage d’entregent pour sécuriser ses compatriotes !

Brandy MAMBOUNDOU

Article du 11 octobre 2021 - 7:57pm

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