Gabon : L’ancien ministre des Travaux Publics “ rétrogradé ” au rang de PCA d’une entité autrefois sous sa tutelle

Par Brandy MAMBOUNDOU / 14 oct 2022 / 0 commentaire(s)
L'ancien ministre des Travaux publics va-t-il accepter ce poste de PCA dans un département où il régnait comme ministre?

Le Conseil des ministres de ce jeudi a fait de Léon Armel Bounda Balonzi le nouveau président du Conseil d’administration du Fonds autonome national d’entretien routier (FANER). Il remplace à ce poste, son successeur à la tête du ministère des Travaux publics, Toussaint Nkouma Emane.

C’est désormais une certitude : le Gabon fonctionne en mode alterné entre le curieux et l’insolite. Sinon, rien ni personne ne peut comprendre à quoi rime toute cette pagaille au sommet de l’Etat.

Tenez ! Le 12 septembre 2022, elle, Rose Christiane Ossouka Raponda, dans un communiqué radio-télévisé, largement relayé sur les réseaux sociaux, révélait à l’opinion nationale internationale « la colère » du président de la République. Et pour cause ? Les « très nombreuses récriminations des populations, concernant la dégradation des voiries urbaines du pays (…) aux lenteurs, constamment observées et dénoncées par lui (Ali Bongo, Ndlr), dans la réhabilitation du réseau routier national », ont fini par provoquer l’ire du successeur et héritier d’Omar Bongo, expliquait ce jour-là le Premier ministre.

Conséquence de « la colère présidentielle », le ministère des Travaux publics a été dissous et son personnel remis à la disposition de la Primature où un département éponyme avait été créé. Fatalement, Léon Armel Bouda Ballonnai, jusque-là, responsable de ce département ministériel a été purement et simplement prié « de plier bagage » et de rejoindre les nombreux fonctionnaires abonnés, malgré eux, au travail buissonnier. A l’époque, en dehors de ses fonctions de conseiller chargé des Infrastructures du président de la République, Toussaint Nkouma Emane occupait, également, le poste de PCA du Fonds autonome national d’entretien routier (FANER) placé sous l’autorité directe du ministre des Travaux publics de l’époque, un certain Léon Armel Bounda Balonzi.

Voilà qu’un mois plus tard, c’est-à-dire le 12 octobre 2022 (excusez pour le rappel du symbole des dates), curieusement, par décret du président de la République portant énième réaménagement du gouvernement, Toussaint Nkouma Emane est nommé ministre des Travaux publics qui, jusqu’au moment de cet évènement, est toujours un département de la Primature et n’a jamais été réhabilité sous sa forme initiale.

Comme si cela ne suffisait pas, le lendemain, à l’issue du Conseil des ministres du 13 octobre 2022, au sein du ministère des Travaux publics « ressuscité », Léon Armel Bounda Balonzi, l’ex-ministre de ce département ministériel « congédié » sans état d’âme le 12 septembre 2022, a été « promu » en mode « rétrogradation » en qualité de PCA du FANER, une entité qui était sous sa responsabilité hier.

Résumons cette situation abracadabrantesque de la gestion des fonctionnaires de la République : Le 12 septembre 2022, le ministère des Travaux est dissous. Léon Armel Bounda Balonzi, le ministre de tutelle est logiquement demis de ses fonctions. Toussaint Nkouma Emane occupait le poste de PCA du FANER, une entité logée jusque-là dans ce ministère. Le 12 octobre 2022, Toussaint Nkouma Emane est promu ministre des Travaux publics. Le 13 octobre 2022, Léon Armel Bounda Balonzi, qui était ministre des Travaux publics du ministère dissous, donc chef hiérarchique du PCA du Faner, est nommé en Conseil des ministres de ce jour-là PCA du Faner.

Au regard de ce qui précède, croit savoir un observateur de la vie publique du Gabon, si quelqu’un a compris quelque chose à « tout ceci », qu’il explique au reste de la population. C’est dire…

Elzo Mvoula 

Article du 14 octobre 2022 - 9:44am

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