Gabon : Le Centre des libéraux réformateurs d’Asselé tombé en hibernation

Par Brandy MAMBOUNDOU / 30 aoû 2022 / 0 commentaire(s)
Le CLR est aphone.

L’arrivée de Nicole Assélé avait suscité un certain espoir auprès des militants de voir leur formation politique prendre de l’épaisseur sur le plan national. Mais, l’exclusion tumultueuse de cette dernière et ses plus proches collaborateurs a replongé le CLR dans un profond coma.

Le Centre des libéraux réformateurs (CLR) semble entonner son chant du cygne. Depuis le départ rocambolesque et ultra-médiatisé de Nicole Assélé, la déléguée générale, et son adjoint AlexandreTapoyo, le parti de Jean Boniface Assélé, le père et fondateur, cherche vainement un second souffle. 

En effet, l’exclusion brutale de Nicole par son père a accéléré le départ de plusieurs militants, à cause de l’atonie observée dans le fonctionnement du parti. A preuve, depuis avril dernier, le Cabaret des artistes, siège du CLR, est désert. Même le fondateur y est rarement visible. Sauf lorsqu’il s’agit des prestations musicales de son orchestre, qui fait encore vivre cet espace culturel, selon des informations recueillies sur place.

Comment le CLR en est-il arrivé à cette descente aux enfers ? Comment un parti, naguère prospère et deuxième force politique de la Majorité présidentielle, a-t-il pu se retrouver, du jour au lendemain, dans une telle hibernation ? Même les militants hostiles au parachutage de Nicole Assélé pour seconder son père dans ses actions politiques, déplorent aujourd’hui, cette apathie, née de l’incompréhension ayant prévalu entre le père et la fille sur le leadership de leur formation politique.

Le mal est profond et rien n’indique que le CLR retrouvera de sitôt son élan d’antan et son enthousiasme à participer activement à la vie politique nationale. Pourtant, selon des personnes rencontrées sur place, le président est toujours bon pied, bon oeil. Rien n’indique alors qu’il soit disposé à prendre sa retraite politique, comme l’ont fait Zacharie Myboto, Paul Mba Abessole et bien d’autres, qui ont préféré mettre la jeunesse le pied à l’étrier avant de se retirer et observer la scène de loin.

Pendant ce temps, Nicole Assélé, qui ne s’avoue pas vaincue, entendrait rebondir. Son carnet d’adresses aidant, elle tiendrait à relever le défi à elle lancé par ceux qui ont amené son père à l’exclure sans ménagement du parti. Le Mouvement des réformateurs, créé par Alexandre Désiré Tapoyo, lui servira peut-être de tremplin. A moins qu’elle ne se décide à créer son propre parti.

Toujours est-il que le président du CLR est aphone ces derniers temps sur la scène politique. Lui qui avait fait du débat démocratique une véritable passion, voire une raison de vivre, semble avoir désormais de l’aversion pour cette cause.

Entend-il se mettre lui aussi en retrait comme le susurrent quelques-uns de ses proches ?  Sinon, comment comprendre qu’à un an des élections générales dans notre pays, et alors que la majorité des formations politiques sillonnent l’arrière-pays pour l’implantation ou le renouvellement de leurs structures de bases, le CLR réponde aux abonnés absents ? 

Pour de nombreux militants, Jean Boniface Assélé semble lassé par la lutte politique. D’où le coma dans lequel est plongé son parti. 

Mais les jeunes politiciens carriéristes de son mouvement, qui ont besoin d’une véritable tribune politique d’expression, vont-ils assister à la mort progressive de leur formation politique sans réaction ? A moins qu’ils choisissent d’emprunter la voie de sortie. 

Et si c’est le cas, nul doute que beaucoup iront rejoindre Nicole Assélé.

Dess Bombe

Article du 30 août 2022 - 12:16pm

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