Gabon : Les retraités civils et militaires préparent des mouvements d’ampleur

Par Nicolas NDONG ESSONO / 05 juil 2022 / 0 commentaire(s)
Un moment d'échanges entre Hugues S. Ongollo (DG de la CPPF) et les retraités

Ce lundi 04 juillet 2022, plusieurs retraités civils et militaires ont à nouveau envahi les locaux de la Caisse des pensions et de prestations familiales (CPPF). Le Directeur général Hugues Sorel Ongollo a consenti à rencontrer les membres de la Machette syndicale des travailleurs vaillants (Mstgv) présidé par Pierre Mintsa. Ils se sont séparés sans entente et avec la volonté des retraités de se faire sérieusement entendre.

La situation du retraité fait partie aujourd’hui des nombreux sujets qui sont sans nul doute sur toutes les lèvres au Gabon et certainement à l’extérieur du pays. Pourquoi l’arrimage des pensions retraites au nouveau système de rémunération (NSR) traîne-t-il ? C’est probablement pour trouver une réponse favorable à cette interrogation que les retraités ont décidé d’observer un énième mouvement d’humeur devant les locaux de la CPPF en début de semaine. Car, disent-ils, la situation devient critique au fil des jours.

« Je ne peux pas dire aujourd’hui qu’il n’y a que la CPPF. C’est une affaire générale. Lorsque quelqu’un va à la retraite, c’est pour dire que l’État reconnaît son travail. Et à la fin, tu dois manger le fruit de cet effort-là que l’on appelle la pension. Or, depuis 2015, ce que nous subissons, c’est vraiment déplorable. Aujourd’hui, nous sommes encore dans les histoires de préretraite », a fustigé un ancien commandant de police.

Avant d’ajouter : « ce que je gagnais en tant qu’ancien commandant de brigade comparé à ce que je perçois au niveau de la CPPF, c’est le jour et la nuit. Même le diable qui fait du mal ne connait pas la prépension. Imaginez-vous, nous sommes des pères et mères de famille. Nous avons des enfants diplômés qui ne travaillent pas. Nous avons des petit-fils à nourrir. C’est compliqué. C’est pourquoi, nous sommes venus demander au Directeur général où nous en sommes ».

Suite à leur mouvement d’humeur, Hugues Sorel Ongollo, le Directeur général de l’institution, a daigné les recevoir. Prenant la parole, le responsable a indiqué que le gouvernement était en train de réfléchir sur la question et qu’il n’était pas capable de donner une réponse concrète car, il n’a pas le dernier mot. Mais, au niveau de la CPPF, a-t-il poursuivi, le travail au sujet de la valorisation des pensions retraites et son arrimage au niveau système de rémunération avaient connu des avancées significatives. Des propos qui ont créé colères et frustrations des retraités civils et militaires. Pour Pierre Mintsa, aller de commission en commission serait une manière de gagner le temps dans la mesure où « on ne n’a pas besoin d’aller en commission pour régler la question de la valorisation des pensions et procéder d’après le cabinet finactu », a indiqué le leader syndical.

Au terme d’une réunion qui a accouché d'une souris, les retraités civils et militaires ont, à l’unanimité, décidé d’organiser des mouvements d’humeur d’ici peu devant le ministère de l’Économie, du budget, devant la primature et même devant la présidence de la République afin de se faire entendre. Au regard de ce qui précède, le gouvernement qui s’est penché sur la question des anciens travailleurs du secteur privé, devrait faire autant pour ceux du secteur public. Désormais, ils se disent totalement oubliés.

Vichanie Mamboundou

Article du 5 juillet 2022 - 10:25am

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