Gabon : Mariage traditionnel de Mays Mouissi ou symbole de l’Etat-Nation recherché par les Gabonais

Par Nicolas NDONG ESSONO / 27 sep 2022 / 0 commentaire(s)
La future Mme Mays Mouissi, après le mariage civil de ce samedi.

En l’espace d’une journée, cet économiste de renom avait réussi l’exploit de rassembler, même par le regard, ceux qui se regardent en chiens de faïence. Une leçon sur l’urgence à formater les âmes vers un autre état d’esprit.

Ce samedi 1er octobre 2022 sera célébré à Paris en France le mariage civil de Mays Mouissi avec Leticia Mabicka Nzamba. Une manifestation qui verra la présence d’une forte délégation venue de Libreville, notamment ses parents biologiques, ses amis et connaissances. Ceci étant l’acte II de cette union. En effet, le 20 août 2022, alors que le Gabon venait fraîchement de commémorer L’An 62 de son accession à l’Indépendance, le couple célébrait son mariage traditionnel.

   

Ce jour-là, Mays Mouissi avait réussi l’exploit de réunir, au cours d’une journée, certains Gabonais dont les différends rythment l’espace public. On a vu la manifestation des palabres à l’Union nationale. S’ils se sont forcément regardé des yeux, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, Franck Ndjimbi (de la tendance Paulette Missambo), d’un côté, et le couple Paul Marie Gondjout, de l’autre, ne se sont pas serré la main ou fait la bise. Idem pour Jean Valentin Leyama, un ancien cadre de l’UGDD de Zacharie Myboto, qui s’est mis volontairement en retrait pour ne pas croiser Paul Marie Gondjout et Chantal Myboto épouse Gondjout.

Au reste, certains observateurs ont été étrangement étonnés de la simplicité d’un certain tout-puissant d’autrefois, Etienne Massard Cabinda Makaga. Lequel, du haut de ses fonctions de président de la commission d’attribution des bourses à l’Agence nationale des Bourses du Gabon (Anbg), secrétaire général de la présidence de la République, ministre de la Défense, etc., s’était montré hautain et arrogant dans l’exercice de ses fonctions. Croyant assurément être Dieu à la place de Dieu, il n’avait pas « le temps des Gabonais ».

Signe de cette omnipotence ostentatoire, au lendemain des dernières élections locales et législatives, la mairie de Ndjolé avait été incendiée dans la nuit du lundi 8 octobre 2018. Accusés, sans preuve, d’être les pyromanes, alors que les intéressés étaient loin du théâtre des opérations, Daltry Nang Eko et Charly Mendome furent sauvagement appréhendés à Libreville par les gendarmes envoyés par Etienne Massard Cabinda Makaga, alors ministre de la Défense. Lequel répondait aux injonctions de la « propriétaire de Ndjolé », Denise Mekam’ne. Fait insolite, jusqu’à présent, le désormais ex-ministre de la Défense n’a toujours pas restitué à Daltry Nang Eko plusieurs effets personnels, dont un appareil photo professionnel, deux téléphones de grande valeur… Mais bon !

Pour tout dire, le mariage traditionnel de Mays Mouissi a été une photo instantanée du Gabon : une nation qui se cherche, des Gabonais qui se haïssent mutuellement sans raison apparente, des mariages qui unissent des familles, des ex-tout-puissants qui découvrent la vanité de la vie terrestre, des compatriotes à la recherche de modèles de la grandeur d’esprit pour montrer le cap, etc.

Heureusement, dirions-nous, qu’il y a encore des personnes comme Mays Mouissi pour montrer la voie, et faire comprendre, aux uns et aux autres, l’urgence de démêler l’utile et l’accessoire.    

Vichanie Mamboundou

Article du 27 septembre 2022 - 3:23pm

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