Gabon : Mme la ministre Antonella Ndembet, la prison est-elle un lieu de torture ?

Par Brandy MAMBOUNDOU / 27 sep 2022 / 0 commentaire(s)
Bertrand Zibi révèle une vérité effrayante.

La ministre de la Justice ne devrait pas laisser l’image du Gabon être écornée par des matons dont le respect de la vie est le cadet des soucis. Demain, peu importe l’angle d’observation, sa responsabilité personnelle sera engagée face aux actes de barbarie perpétrés par le personnel placé sous son autorité contre les compatriotes.

Le témoignage de Bertrand Zibi sur les conditions de sa détention est un vrai objet de traumatisme pour l’opinion publique. Ce d’autant que le ministre de la Justice, le chef du gouvernement, le président de la Cour constitutionnelle et la présidente de la chambre haute du parlement sont des femmes. Plus sensibles, par présomption, aux idéaux de paix, de protection et de justice, elles devraient offrir aux Gabonais une République plus solidaire, engagée dans le respect des droits des citoyens, même quand ils sont en détention. Or, il n’en est rien. Torture sociale et torture des prisonniers s’entremêlent allègrement. Il suffit d’écouter le récit de Bertrand Zibi pour se rendre compte de la cruauté des faits.

« Six ans passés loin des miens, six ans vécus dans l’enfer le plus absolu. Pour vous donner une petite idée de ce que j’ai vécu pendant ces six dernières années, j’ai été dans un quartier durant six mois où tu ne sais pas quand il fait jour, ni quand il fait nuit. J’ai vécu dans ce quartier où j’ai perdu sept codétenus. La mort rôdait autour de moi de manière permanente. C’est-à-dire, vous dormez, et à votre réveil vous savez que le voisin n’est plus, parce que vous le touchez mais il a enflé.

Ensuite, j’ai passé quatre ans et trois mois au CA, qui est notre quartier disciplinaire de la prison centrale de Libreville, où j’ai vécu avec des malades mentaux, des fous complètement fous. Comme ceux que vous voyez déambuler totalement nus, mangeant leurs excréments. Je vous épargne les tortures qui, elles, m’ont marqué dans ma chair. À plusieurs, fois j’ai perdu connaissance. Plusieurs fois j’ai été donné pour mort. Mais, grâce à Dieu, mais surtout à vos prières, aux prières du peuple gabonais, je me trouve devant vous ».

Pendant ce temps, la ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Antonella Ndembet signe paisiblement des documents dans son bureau, paraphe des dossiers sans se soucier du minimum de justice à faire appliquer dans les prisons du Gabon.

Vichanie Mamboundou

Article du 27 septembre 2022 - 2:26pm

Nombre de Commentaires (0)

Faites un commentaire !