Gabon-Santé : « C’est pas moi qui t’ai envoyé chercher les hommes »

Par Brandy MAMBOUNDOU / 02 juil 2022 / 0 commentaire(s)
Dans les centres hospitaliers de Libreville et ses environs, certains patients vivent des calvaires.

Dans les hôpitaux publics dits de dernière génération, les infirmières et autres sages-femmes ne sont pas tendres avec les patients. Injures, arrogance et indifférence sont le lot quotidien auxquels il faut faire face quand on va à l’hôpital. 

Est-ce la conséquence de la banalisation du travail ou un mépris inné, chez les infirmières et sages-femmes gabonaises, de mépriser leurs patients ? Les patients sont-ils devenus pour elles un défouloir après les crises sociales, la dureté de la vie et les frustrations professionnelles ? Une chose est sûre, dans les centres hospitaliers de Libreville et ses environs, certains patients vivent des cauchemars. L’une d’elles, 21 ans, raconte son malaise : « même pour une simple consultation et pour rien, les infirmières s’acharnent sur les patients. Une m’a même dit, alors qu’on était en pleine consultation, que c’est pas moi qui t’ai envoyé chercher les hommes ». Ces violences verbales sont récurrentes même au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL). 

Mélangés à des attentes interminables, à l’inconfort des lieux qui manquent parfois d’eau, ces propos poussent certains patients à abandonner le chemin de l’hôpital pour aller en pharmacie. Ainsi, Joseph O, sujet à la retraite et sexagénaire à l’observation, confie : « Si je n’ai pas de moyens pour me rendre dans une clinique privée, je préfère me rendre en pharmacie expliquer de quoi je souffre au lieu d’aller me faire insulter par les infirmières dans les structures sanitaires publiques ». Sauf que la pharmacie n’est pas un hôpital. 

Pour les personnes encore en activité, il peut être plus aisé de se rendre dans une clinique. Quant aux personnes en chômage ou en retraite. La situation est un peu plus compliquée. Pour ne pas ajouter la détresse à la détresse, vivement que les personnels de santé comprennent bien les enjeux de leur travail, même si les conditions d’exercice de leurs métiers donnent parfois les migraines. 

Il y a un an, Marie-Thérèse Vané avait assuré que le CHUL ferait tout pour améliorer la prise en charge des patients. Pour l’instant, on en est loin.

Dess BOMBE

Article du 2 juillet 2022 - 1:13pm

Nombre de Commentaires (0)

Faites un commentaire !