Gabon - Trafic de terrains à Libreville et à Ntoum : Le gouvernement veut mettre un terme à l’usurpation des titres fonciers

Par Brandy MAMBOUNDOU / 04 juil 2022 / 0 commentaire(s)
De plus en plus de litiges fonciers sont observés dans la province de l'Estuaire notamment.

Le gouvernement, lors du dernier conseil des ministres, a décidé de faire respecter la réforme foncière de 2012 au profit de l’Agence nationale de l’Urbanisme des Travaux Topographiques et du Cadastre (ANUTTC). Une décision qui vient à point nommé et qui est susceptible de freiner l’appétit gargantuesque de certains compatriotes qui se sont fait un devoir de vendre le sol de nos ancêtres à nos frères venus d’ailleurs, avec la complicité de certains commis de l’Etat. Et cela au détriment des populations gabonaises qui ne savent plus où mettre la tête.

Le litige foncier déclaré à Glass, il y a deux semaines, n’a été en réalité que l’arbre qui ne cache même plus la forêt des magouilles dans le secteur foncier. Il a été, comme les autres litiges similaires, révélateur de plusieurs dossiers susceptibles de mettre à nu toutes les indélicatesses dans ce secteur, n’ayant pour auteurs que des Gabonais assoiffés d’argent facile au détriment de leurs compatriotes. Les fonctionnaires en charge des dossiers du foncier ont démontré que le Gabon était dorénavant à vendre. Et à bon marché.

Le département du Komo Mondah, principalement la commune de Ntoum et ses environs, semble une proie pour les prédateurs en manque de pâture dans la commune de Libreville. Depuis que le gouvernement a mis en projet la construction d’une ville moderne aux alentours de Ntoum, les vautours sont sortis du bois pour déposséder les paisibles habitants de cette contrée de leurs terres. Histoire de la revendre, le moment venu, soit au gouvernement, à un prix exorbitant, histoire de se faire aussi dédommager pour des terres qui ne leur appartiennent point. Ou de les revendre à des étrangers prompts à faire main basse sur le sol gabonais. Pour cela, le service du Cadastre de Ntoum s’est révélé un véritable nid de fonctionnaires déloyaux, appuyé par certains hauts cadres de la localité.

C’est dans ce désordre que le nom de l’ancien ministre délégué à l’Urbanisme, Jean Sylvain Békalé Nze, est abondamment cité parmi ces cadres véreux. Il aurait, au temps de sa splendeur au gouvernement et principalement au département de l’Urbanisme, vendu des titres fonciers illégaux à des personnages pas nets pour se faire de l’argent pendant son bref séjour au gouvernement. Pour mieux spolier les habitants de leurs terres, monsieur le ministre délégué et ses complices feraient croire à la population de la localité que c’est sur des instructions gouvernementales que la société immobilière SCI KOBISON SOXIM, dont le gérant serait un certain Sylvain Koubissantari, serait le promoteur de la réalisation d’une cité de logements socio-économiques. Alors qu’en réalité, ces terres, une fois acquises, seraient morcelées en lots qui seraient revendus à des expatriés. Une véritable escroquerie quand on sait que le gouvernement, dans le même temps, prenait des mesures pour sécuriser la population contre la spoliation de leurs terres. Ces bandits à col blanc n’hésiteraient pas à brandir des titres fonciers qui n’ont en réalité aucune valeur, vu que ces mêmes documents sont brandis au nez des populations de Ntoum que ceux d’Akanda pour des terrains différents.

Comment peut-on comprendre qu’un soi-disant promoteur immobilier déloge des familles installées sur les lieux depuis des dizaines d’années ? Surtout que la plupart de ces occupants ont des documents qui montrent qu’ils résident en ces lieux depuis belle lurette et qu’ils sont à jour avec l’administration en charge du foncier. Ce banditisme devrait être une préoccupation, au mettre titre que la lutte contre l’insécurité dans nos villes. Laisser ces dévoyés troubler la tranquillité des Gabonais est un acte que les pouvoirs publics se doivent de réprimer avec la dernière rigueur. Le cas du sieur Sylvain Koubissantari et autre Jean Sylvain Békalé Nze, doit être puni par les lois en vigueur s’il est formellement démontré qu’ils sont dans ce trafic. Idem pour les fonctionnaires véreux, qui se plaisent à vendre un même terrain à plusieurs personnes, et cela, au détriment des habitants prioritaires de ces lots. Car leur plan est d’intimider les populations, si celles-ci se laissent prendre dans leur jeu, ils étendent leurs activités déloyales à travers la province.

Les mesures prises par le dernier conseil des ministres viennent ainsi rétablir la responsabilité et la capacité de l’Agence nationale de l’Urbanisme des travaux topographiques et du cadastre dans son véritable rôle. Espérons qu’à partir de cette décision gouvernementale, les crapules qui se sont donné pour devoir de dépouiller les populations de leurs terres trouveront une autre besogne pour s’enrichir. « Force reste à la loi », dit-on.

Elzo MVOULA

Article du 4 juillet 2022 - 10:34am

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