Gabon/Parti démocratique gabonais : le complot !

Par Brandy MAMBOUNDOU / 09 sep 2022 / 0 commentaire(s)
Ça sent le complot au niveau du parti au pouvoir.

Le Parti Démocratique Gabonais (PDG) serait-il au bord de l‘implosion après plusieurs décennies de sa création ? A en juger par la passe d’armes qui oppose, par médias interposés, pédégistes de fraiche date et fossiles qui s’arrogent le statut de gardien du Temple, la question tombe sous le sens d’une animosité. Coups tordus, procès en sorcellerie, perfidie, s’y mêlent avec une déconcertante récurrence. Au centre de cette guerre de tranchées entre ‘’camarades’’, se trouve un seul enjeu qui suscite des appétits voraces : la distribution de strapontins. Engagés pour la cause, les mercenaires de la plume sont à pied d’œuvre. Aujourd’hui, à l’évidence, le parti dit des masses est toujours vampirisé par ses vieux démons qu’il n’arrive pas à exorciser.

Les dernières têtes de nœuds promus au bureau exécutif ont subi des tirs groupés de la part de snipers tapis dans l’ombre du parti. Depuis Faustin Boukoubi, en passant par Dodo Bouguendza, jusqu’à l’actuel Secrétaire général de cette formation politique, Steeve Nzegho Dieko, c’est la même rengaine qui nous est servie. Si les deux précédemment cités tiraient leur ‘’légitimité’’ du fait de leur appartenance à la province de l’Ogooué-Lolo où, dit-on, ce parti aurait été créé, le Dr Steve Nzegho Dieko, par cette ascension au sommet de l’instance décisionnelle, brise quelque peu les codes fixant les critères de désignation. Certains pédégistes sont restés, hélas, figés dans cette vielle approche de désignation. C’est comme lorsque ‘’le distingué camarade’’ avait décidé de nommer un Premier Ministre issu d’une autre province que celle de l’Estuaire, ça jazzait dans les chaumières. Et la recomposition récente du bureau exécutif n’a fait qu’empirer un climat déjà morose sur fonds de stratagèmes complotistes. Le nouveau SG devient ainsi l’homme à abattre. Et dire que le PDG se définit comme un parti démocratique, cela laisse songeur. Au lieu d’encourager le distingué Camarade dans sa vision, des forces d’inertie, campées sur leurs convictions, préfèrent gripper la machine.

Ce sont les mêmes qui, en 2016, alors que la campagne pour la présidentielle battait son plein, marchandaient les gadgets de campagne s’ils ne les distribuaient pas aux amies, parents et connaissances.

Cette guerre qui oppose les pédégistes n’est pas un fait nouveau. Rappelons-nous des courants politiques ayant ébranlé les rangs de ce parti dans les années 90. Au plus fort du règne d’Omar Bongo, des courants furent créés par certains pédégistes qui nourrissaient des ambitions des plus démesurées. Ainsi on vit naître ‘’les rénovateurs’’ animé par la jeune garde et les ‘’appélistes’’ incarnés par de vieux briscards qui entendaient prendre le contrôle du parti alors vampirisé par la baronnie vieillissante. Le bateau PDG commençait à prendre de l’eau de toute part, il fallait un holà omarien pour que les choses rentrent dans l’ordre. En somme, un travail de recadrage s’impose aujourd’hui comme une urgence absolue.

Dommage que certains pédégistes réduisent l’idéologie du parti à des intérêts égoïstes. La culture démocratique, dont l’alternance est une des composantes, est à forger au sein de cette formation politique, où des individus sont plus attirés par l’appât du gain qu’autre chose. Il est temps d’y mettre un terme avant que tout n’aille en vrille. La survie du parti en dépend.

Elzo Mvoula

Article du 9 septembre 2022 - 10:34am

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