Gestion pitoyable d’une institution publique L’Anareg traîne la Cnss devant les tribunaux

Par Nicolas NDONG ESSONO / 29 mar 2022 / 0 commentaire(s)
Les cris de détresse des rétraités doivent être entendus par le gouvernement.

La situation des retraités du Gabon semble de plus en plus ombrageuse. Tant les dossiers se mêlent et s’entremêlent sans aucun véritable début de solution de ce qui relève d’une gestion des plus embrouillées.

Tristesses, désespoir, colère et incertitude. Voilà en gros les signes que reflètent les visages des retraités civils et militaires du Gabon depuis un certain moment. Et ce, malgré plusieurs promesses faites par le gouvernement. En jetant un regard d’observateur averti sur les nombreuses sorties médiatiques de ces anciens travailleurs, il apparaît évident que les tenants du pouvoir peinent à mettre en application les résolutions de l’étude du cabinet Finactu. Cette étude ne ferait pas aujourd’hui l’unanimité au sein les différentes organisations syndicales et associations qui œuvrent pour la revalorisation du statut de l’ancien travailleur gabonais. Pire, avec les dernières nouvelles qui proviennent de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), les retraités ne savent plus où donner de la tête. C’est le résumé qui se dégage des déclarations de l’Association nationale des retraités du Gabon (Anareg), lors du point de presse organisé le vendredi 25 mars dernier à Libreville.

Gestion calamiteuse de la Cnss

Sous d’autres cieux, les personnes du troisième âge ont de la valeur. Leur traitement retient l’attention des plus hautes autorités à leur trouver des conditions idoines. Mais, malheureusement au Gabon, c’est le contraire qui serait plus évident. L’on assiste continuellement à des mouvements d’humeur de ces pensionnés, des marches dans la ville de Libreville et même à l’intérieur du pays pour réclamer l’amélioration de leurs conditions de vie qui semblent devenir critique au fil des jours. Une situation que ne digère plus l’Anareg. La Caisse nationale de sécurité sociale est un patrimoine commun qui, tout en œuvrant pour la prise en charge de retraités actuels, devrait aussi poser les jalons d’une prise en charge efficace et professionnelle des futurs pensionnaires.

Mais, « nous constatons avec une grande appréhension que, non seulement cette institution met en péril l’avenir des futurs retraités, mais également, elle n’obéit pas aux règles de base d’éthique, de déontologie et de management d’une structure de ce type. Des décisions sont prises de manière aléatoire au gré des humeurs et des intérêts individuels au mépris des règles qui la régissent. Situations qui créent de nombreuses interrogations et une tension sociale », a dénoncé Mathurin Mengue Bibang, Porte-parole et membre de l’Association devant la presse nationale et internationale. Avant d’indiquer avoir porté plainte contre la Cnss devant les juridictions compétentes en janvier dernier.

Une étude toujours insatisfaite

Aussi, durant le point de presse, l’ancien travailleur gabonais est longuement revenu sur le dossier des retraités, en traitement par le gouvernement, la Caisse des pensions et des prestations familiales (Cppf), les partenaires sociaux ainsi que le cabinet Finactu, depuis décembre dernier et dont les résolutions peinent à être appliquées. À cette occasion, Finactu a présenté aux participants la synthèse des lieux comportant trois bouquets de réforme portant sur les paramètres les plus sensibles. Finactu recommande le bouquet équilibre permettant de garantir l’équilibre financier à moyen et long terme sauf que, pour l’Association, « Cette seule présentation, qui a suscité plusieurs observations, ne permet pas à l'Anareg de s'approprier valablement les recommandations de Finactu. Elle est incomplète. En sa qualité de partenaire social, l’Anareg, avant de se prononcer définitivement sur les recommandations de cette étude, souhaiterait au préalable, de façon spécifique, disposer des données pertinentes ayant servi à sa confection. Prendre connaissance du contenu du rapport détaillé de cette étude et disposer des modèles de calcul et de projet actuarielle de Finactu », a-t-il conclu.

Une affaire qui semble encore loin de trouver vraiment son épilogue.

Brandy Mamboundou

Article du 29 mars 2022 - 11:51am

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