Jean De Dieu Moukagni-Iwangou : « Je n’ai jamais été au PDG pour y repartir. Je suis dans l’opposition, et je m’y sens bien ainsi »

Par Brandy MAMBOUNDOU / 15 déc 2021 / 0 commentaire(s)

Ainsi jure la main sur le cœur l’un des opposants les plus virulents au président Ali Bongo-Ondimba avant 2016, menaçant même de le destituer, l’ancien cadre de l’Union du Peuple gabonais (UPG) a fini par en devenir un allié de circonstance jusqu’à sa sortie du gouvernement. Il a depuis lors créé un parti politique qu’il situe au centre gauche de l’échiquier politique national. Discret jusque-là, Il a bien voulu se prêter à nos questions. Lecture !

 

Gabonclic.info : Monsieur Moukagni Iwangou, bonjour ! Vous vous faites rare ces derniers temps. Pensez-vous que votre rareté sur la place publique vous donnera plus d’épaisseur ?

Jean De Dieu Moukagni Iwangou : Bonjour et merci de vous ouvrir à moi ce jour. Mon silence ne vise rien de particulier, autrement que de faire un point de ma vie. C’est donc un simple bénéfice d’inventaire que conseille le philosophe, qui dit, je cite « Si tu ris, arrête-toi un moment, si tu chantes, arrête-toi un moment, si tu danses, arrête-toi un moment, parce que le rire dans l’oppression, le chant dans l’oppression, la danse dans l’oppression tuent la conscience ». En règle générale je ne travaille pas sous l’oppression de l’actualité. J’aime prendre du recul, voilà tout.

Il y a bientôt deux ans, vous sortiez du gouvernement et laissiez la place à Mouguiama-Daouda au ministère de l’Enseignement supérieur. Quel jugement faites-vous du calendrier académique dans les universités gabonaises ?

A ma place, je ne commente ni ne juge l’actualité, surtout en période de surchauffe, et pour un Département que j’ai dirigé.

Pensez-vous que le secteur de l’Enseignement supérieur s’est amélioré après vous ?

Il est très tôt de dresser des bilans, laissons le temps et accordons les moyens à Monsieur Mouguiama Daouda avant de le juger. En ce qui me concerne, j’ai fait ma part, et c’est aux autres d’en juger.

Côté politique, votre parti était présent à Bitam à la rentrée politique des Démocrates de Guy Nzouba Ndama. Union et Solidarité est-il de l’opposition ou de la majorité ?

Union et Solidarité est de l’opposition, et là-dessus il n’y a pas de débat.

Avez-vous cessé de soutenir l’action gouvernementale ?

Nous sommes dans l’action, et en cette phase nous suivons les évènements. Lorsque le Gouvernement de la République pose des actions positives, au minimum nous le signalons, au maximum nous applaudissons. En revanche, lorsqu’il fait des choix contestables nous le relevons, et mieux, nous suggérons la voie qui nous parait la meilleure. Parce qu’il s’agit de choix qui engagent le bonheur des Gabonais, il est bien d’être à l’observation.

Tous ceux qui ont été au gouvernement ou ont bénéficié de prébendes d’Ali Bongo font leur retour au PDG. Pourquoi vous ne faites pas comme René Ndemezo’o et les autres ?

Je respecte le président René Ndemezo’o, ainsi que ses choix politiques, mais ce sont les siens. Je n’ai jamais été au PDG pour y repartir. Je suis dans l’opposition, et je m’y sens bien ainsi.

Votre parti politique a-t-il vraiment une offre politique pour constituer une alternative au PDG ?

Union et Solidarité dispose d’une offre politique bien articulée, que nous revisitons de temps à autre, pour la recadrer aux réalités. Nous nous situons actuellement au centre gauche, et le moment venu, nous vous partagerons notre vision du pays.

Peut-être croyez-vous reprendre le flambeau de l’opposition ! Au fond, quel est votre rôle aujourd’hui ?

Nous n’avons aucune ambition hégémonique. Nous fonctionnons à la force de nos idées, et à notre place. C’est bien dans ces conditions que nous avons dirigé l’opposition en 2016, par la force des idées. Et à ce titre, nous avons quelques réflexions à partager.

On raconte que vous prenez les taxis. Vous n’avez plus de véhicule ?

Ecoutez, je fais la queue comme tout le monde pour acheter mon pain, et cela ne me gênerait nullement de prendre le taxi, qui est bien commode par ces temps de grande cohue dans nos rues.

Votre mot de fin

Je voudrais conclure en saluant l’élection de Paulette Missambo à la tête de l’Union Nationale. Je salue Paul Marie Gondjout pour lui avoir donné le change. Par cette séquence, l’opposition a affiché à la face du monde, sa maturité et son exemplarité. J’en suis profondément fier.

Je terminerai par un fait d’actualité, nous travaillons à la mise en place de la Fondation Pierre Mamboundou, et je reviendrai là-dessus dans une prochaine parution.

Je vous remercie, une fois de plus.

Propos recueillis par Brandy MAMBOUNDOU

Article du 15 décembre 2021 - 11:18pm

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