Justice : Il y aura de l’effervescence ce 15 juin au palais de justice de Libreville.

Par Nicolas NDONG ESSONO / 08 juin 2021 / 0 commentaire(s)
Le palais de justice de Libreville va grouiller de monde ce 15 juin Zone contenant les pièces jointes.

Deux affaires seront l’attraction ce 15 juin au palais de justice de Libreville : le début du procès en appel de Brice Laccruche Alihanga (BLA) et le procès de l’opposant Pascal Oyougou. Ancien directeur de cabinet du président de la République, BLA est poursuivi pour « obtention frauduleuse de documents administratifs ». Quant à Pascal Oyougou, un des fers de lance de la campagne de Jean Ping dans le Haut-Ogooué à la présidentielle de 2016, il doit répondre de « complot contre l’autorité de l’Etat ».

L’un et l’autre crient à des procès politiques. En liberté provisoire depuis février 2021, après une détention préventive de près de quatre ans, Pascal Oyougou a fait une communication ce 7 juin pour espérer que la justice dira le droit, rien que le droit. Non sans réaffirmer ses convictions politiques en tant qu’« Altogovéen libre » et déplorer un Gabon « en totale régression ». Il avait été interpellé en septembre 2017 à l’issue d’une manifestation d’opposants qui continuaient de contester les résultats officiels de la présidentielle.

Après trois renvois en correctionnel, l’affaire de BLA s’est retrouvée en appel ce 4 mai à cause du refus du tribunal de première instance de faire comparaître les magistrats qui avaient délivré à l’ancien directeur de cabinet du président de la République, né en 1980 à Marseille, en France, un certificat de nationalité gabonaise. Mais à la première audience, ce 29 avril, les avocats de BLA, Mes Jean-Paul Moumbembe, Anges Kévin Nzigou et Iréné Mezui, s’étaient plaints de ne pas avoir eu accès au dossier d’accusation. Le prévenu lui-même n’en avait pas pris connaissance avant sa comparution.

Le public s’attendait à ce que BLA comparaisse pour « détournements de fonds publics et blanchiment de capitaux en bande organisée ». Ce sont les délits pour lesquels il a été placé sous mandat de dépôt, il y a dix-huit mois, en même temps que d’anciens ministres et d’anciens directeurs généraux de sociétés parapubliques. Certains d’entre eux se sont vu accorder en catimini la liberté provisoire. Un deux poids deux mesures qui laisse les Gabonais songeurs et qui pousse certaines langues à dénoncer « des règlements de comptes » sur ceux qui continuent de croupir en prison.

Décidés à obtenir un jugement équitable de leur client, les avocats de BLA n’excluent pas d’user de toutes les voies de recours, notamment un pourvoi en cassation, si le procès en appel ne leur donne pas satisfaction. Ayant également la nationalité française, BLA se bat aussi du côté de l’Hexagone.

 

Brandy MAMBOUNDOU

 

Article du 8 juin 2021 - 1:34pm

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