Le Burkina Faso face à son histoire meurtrière : L’épouse de Thomas Sankara rejette les excuses de Blaise Compaoré

Par Brandy MAMBOUNDOU / 01 aoû 2022 / 0 commentaire(s)
Blaise Compaoré doit passer des nuits blanches en pensant à l'assassinat de son ami, Thomas Sankara.

Dans un message publié par le gouvernement burkinabè, Blaise Compaoré, en exil en Côte d’Ivoire, demande « pardon au peuple du Burkina Faso » et aussi à la famille de Thomas Sankara. Dans une vidéo actuellement en circulation sur les réseaux sociaux, Mariam, la veuve de Thomas Sankara, rejette ces excuses et demande que justice soit faite pour la mémoire de son époux.

Après le message de pardon de l’ancien président Blaise Compaoré, au peuple du Burkina Faso, lu à la télévision nationale par le porte-parole du gouvernement, les déclarations se multiplient au sein de la population et dans la classe politique. Si plusieurs Burkinabè considèrent que les excuses du président déchu, en exil en Côte d’Ivoire, arrivent trop tard, d’autres estiment que pour parvenir à une véritable réconciliation nationale, Blaise Compaoré doit se rendre dans la famille de Thomas Sankara et demander de vive voix des excuses à cette famille qui l’avait pourtant adopté. Dans tous les cas, la majorité des Burkinabè considère que la voie empruntée par l’ancien président putschiste n’est pas la meilleure. Il devrait d’abord s’entendre avec la famille de son « ami et frère », avant toute chose.

De son côté, la veuve du président assassiné, Mariam Sankara, n’entend point croire en ces excuses. « Je doute de la demande de pardon de Blaise Compaoré », a-t-elle confié à Jeune Afrique. Selon l’hebdomadaire panafricain, l’épouse de Thomas veut seulement que justice soit faite.

Idem pour l’activiste suisso-camerounaise Nathalie Yamb : « Il (Blaise Compaoré, NDLR) avait tout le temps d’aller devant le tribunal pour demander pardon. Maintenant qu’il aille en prison », déclare-t-elle dans une vidéo sur les réseaux sociaux.

A noter que Blaise Compaoré avait été jugé et reconnu coupable de meurtres et d’exactions sur des personnes, condamné par contumace à la prison à vie. Avec son possible retour au pays natal et la volonté des actuelles autorités de la transition, de réaliser une véritable réconciliation nationale, l’ex-président devra-t-il purger sa peine ou pourrait-il bénéficier d’une grâce présidentielle ?

Les jours à venir seront certainement décisifs pour la suite de ce dossier, devenu encombrant pour la junte au pouvoir à Ouagadougou.

Au reste, la situation du pays des Hommes intègres enseigne sur différents points. Il ne faut jamais tuer pour rester au pouvoir ou y accéder. Tôt ou tard, celui qui l’aura fait sera toujours devant le tribunal de l’histoire. 

Au Gabon, cette réalité devrait interpeller ceux qui croient être au-dessus de tout…Même de la mort et de la justice des Hommes un moment donné de leur existence.   

Brandy Mamboundou

Article du 1 août 2022 - 9:54am

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