Mali : La CEDEAO maintient ses sanctions en entendant une nouvelle proposition du calendrier des élections

Par Nicolas NDONG ESSONO / 06 fév 2022 / 0 commentaire(s)
Le président de la transition au devant des aspirations des Maliens.

La Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) s’est tenue en Session extraordinaire le 3 février 2022 à Accra, en République du Ghana, sous la présidence de Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, président de la République du Ghana et président en exercice de la Conférence.

A la lecture du communiqué de la conférence des chefs d'État, si le Burkina Faso, qui risquait à son tour des lourdes sanctions de la Cedeao, aucune mesure n’a finalement été retenue, il n’en a pas été de même pour le Mali. Les premières sanctions qui ont été imposées au Mali restent en vigueur. Il est reproché à l’équipe d’Assimi Goita de ne pas faire un effort pour ramener le délai de la transition.

Il est à rappeler que les Autorités en place au Mali ont fixé à cinq ans une transition pour aboutir à la passation du pouvoir aux civils. La raison donnée par Assimi Goïta et son gouvernement est qu’aucune élection ne serait possible dans la situation actuelle du Mali, où les groupes terroristes écument l’ensemble du pays. La dernière élection qui avait porté Ibrahim Boubacar Keïta à la tête du Mali avait été faite sous la pression de la communauté internationale. Les conséquences d’une telle précipitation n’ont pas tardé à faire jour : la montée en puissance des groupes terroristes, qui occupaient le nord du pays, se sont répandus sur tout le centre du Mali, menaçant de descendre vers le Sud, donc vers la frontière avec la Côte d’Ivoire. La situation devenue ingérable a coûté à IBK le fauteuil présidentiel.

Réunie en session extraordinaire, la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest a réitéré les sanctions qui pesaient déjà sur le Mali. Ce pays enclavé, sans débouché sur la mer et dont l’activité principale est le commerce, est économiquement pénalisé.

La Conférence s'est félicitée des conclusions de la 1057ème réunion du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l'Union africaine, tenue le 14 janvier 2022, qui a approuvé toutes les décisions et sanctions prises par la Cedeao à l'encontre du Mali. En effet, les Chefs d’Etat et de gouvernement ont affirmé avoir constaté avec regret qu’un calendrier n’a pas été mis en place, pour se conformer aux décisions de la Conférence.

Ce samedi 5 février 2022, l’Union européenne s’est exprimée sur le dossier du Mali. Si Bruxelles avait préalablement décidé d’adopter les mesures de la Cedeao contre ce pays ouest-africain, les Européens sont revenus à de meilleurs sentiments en ne sanctionnant que cinq principaux responsables du pouvoir malien, dont le Premier ministre Choguel Kokala Maïga. Les autres sanctionnés n’ont pas été révélés.

Notons que la conférence n'a pris aucune nouvelle sanction à l'encontre de ces trois pays (le Mali, la Guinée et le Burkina Faso), auteurs de coup de force. Cependant, elle a demandé au Burkina Faso de mettre en place les instances de la transition, avant d'exiger la libération du président déchu, Rock Mark Christian Kaboré.

Hamadoum Alphagalo (correspondant au Mali)

 

Article du 6 février 2022 - 9:00am

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