Ministère de l’Economie Malédiction !

Par Brandy MAMBOUNDOU / 20 fév 2021 / 3 commentaire(s)
Ministère de l' économie du Gabon

De Magloire Ngambia en passant par Roger Owono Mba ou Jean-Marie Ogandaga, ce portefeuille est devenu à palabres. Si les deux premiers ont connu la case prison de manière formelle, le troisième circule librement mais déjà « en prison » pour la clameur populaire. Tentative d’explication.

Au scanner des évènements, il ne fait pas bon de devenir ministre de l’Economie aujourd’hui. Sous Maixent Accrombessi, Magloire Ngambia a été « le bon petit » de « Ya Ali ». Ministre de l’Economie de 2009 à 2012 où il est nommé à la tête du super ministère de la Promotion des investissements, des Transports, des Travaux publics, de l’Habitat, du Tourisme et de l’Aménagement du territoire. Son influence est manifeste.

Problème, dès 2015, il tombe de son piédestal les quatre fers en l’air. Puis, après deux ans d’errance professionnelle au Palais, sans bureau, l’ancien ministre de l’Economie subit une descente aux enfers. Le 10 janvier 2017, dans le cadre de « l’affaire Santullo », soupçonné de violations des procédures d’attribution des marchés, Magloire Ngambia est arrêté à Libreville, humilié publiquement et jeté en prison. Le 24 septembre 2020, il est libéré mais le traumatisme est là. Question : après avoir tout eu ou presque matériellement dans sa vie, Magloire Ngambia est-il un être humain épanoui ou à chacun de ses passages les visages se retournent ? Après lui, Roger Owono Mba est nommé le 10 juin 2019. Il est l’alpha et l’oméga de ce département ministériel. Bras droit de Bruce Laccruche Alihanga, il aurait, lui- même, choisi de devenir ministre de l’Economie. Sa gigantesque tournée dans les cantons Kye, Nye, Ellelem, Woleu et Bissok, du jeudi 29 août au dimanche 1 er septembre 2019 fit un tabac. L’homme venait démontrer que le ministère de l’Economie n’est pas un département ministériel comme les autres. L’argent coule à flot.

Durant son règne, Roger Owono Mba s’abstenait de traiter les dossiers de certains fonctionnaires. Les courriers à lui adressés ne revenaient jamais. Comme s’il méprisait « ses chers compatriotes ». Ainsi, à l’image de la vie brève des choses, Roger Owono Mba a été happé le vendredi 13 décembre 2019 dans le cadre de l’opération anti-corruption pour des faits, entre autres, détournements et de blanchiment de capitaux présumés.

Comme si finalement ce portefeuille avait décidé de maudire quiconque l’occuperait, Jean-Marie Ogandaga est probablement gagné par la mélancolie aujourd’hui. Après des allers et retours, Ogans, son petit nom pour les intimes, s’est réellement installé dans son costume de ministre de l’Economie le 2 décembre 2019. Peut-être en raison de ses soutiens à la Cour constitutionnelle, Jean-Marie Ogandaga prend les partenaires sociaux de haut. Malgré les appels au dialogue lancés par Noureddin Bongo Valentin, rien n’y fait. L’homme d’Akanda reste de marbre.

Puis vint le moment inattendu. Cet instant où, malgré votre poids, votre arrogance, vos soutiens multiples et variés, vous devenez petit, pour ne pas dire un simple humain. Au mois de décembre (ce mois est finalement maudit pour certains membres du gouvernement) lui, Jean-Marie Ogandaga, est débarqué du gouvernement. Nous sommes le 8 décembre 2020. Ce jour-là, dans un communiqué parvenu à la rédaction de « La Loupe », la présidence de la République expliquait que Jean-Marie Ogandaga a adressé sa démission à la Première ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda, « qui en a pris acte ». En réalité, selon nos sources, il avait été démis de ses fonctions à la suite de la fuite de documents sur les réseaux sociaux. Son directeur de cabinet, Pierre Claver Mfouba, et lui étaient hermétiquement fermés à résoudre les problèmes des agents. Ceux qui ont osé leur adresser un courrier n’ont eu droit qu’au mépris, considérés comme des mendiants. Montrant ainsi la dangerosité de mettre entre des mains indignes le destin de plusieurs personnes. Comme on le voit, même si le pouvoir est une drogue, si Roger Owono Mba, Magloire Ngambia et Jean-Marie Ogandaga savaient que « leur demain » s’écrirait en pointillé, ils auraient agi autrement. Mais bon…

 

Brandy MAMBOUNDOU

Article du 20 février 2021 - 5:31pm

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