Modernisation des chaînes audiovisuelles publiques gabonaises : Deux accords-cadres de la mendicité

Par Brandy MAMBOUNDOU / 12 avr 2022 / 0 commentaire(s)
Signe d'un Etat faible, les ministres mendient des fonds pour réfectionner un plateau télé.

Alors que les médias d’Etat bénéficient déjà des fonds publics et de la redevance audiovisuelle et cinématographique (RAC) ; ils sont obligés de quémander quelques subsides pour rénover et équiper le plateau du journal télévisé…

Fatalement, l’Etat est malmené. Ça, c’est une certitude ! Pour s’en convaincre, il suffit d’observer l’humiliant spectacle offert mardi dernier à Libreville par le ministre de la Communication, Pascal Houangni Ambourouet, et les opérateurs économiques de Ceca-Gadis et Prix-Import.

Tour à tour l’originaire de l’Ogooué-Maritime s’est rendu aux différents sièges de ces deux magasins pour y signer deux accords-cadres pour la modernisation des chaînes publiques gabonaises. En langage simple, ces deux entreprises vont payer la note relative aux travaux « d’un décor moderne adapté aux normes internationales, d’une table du journal et accessoires, des sièges des présentateurs et intervenants, des micros, des écrans de contrôle, des ordinateurs, des caméras et les écrans LCD (écran à cristaux liquides) qui servent de fond au décor et sur lesquels sont diffusées les images », précise une source proche du dossier.

Même si cette action permettait la modernisation des infrastructures de communication publique et l’adaptation des équipements de production audiovisuelle aux normes internationales, une question tombe sous le sens : à quoi servent la subvention de l’Etat et les fonds générés par la RAC ? Dès lors, les soupçons d’une mauvaise gestion et d’une distraction de l’argent public à d’autres fins dans les médias d’Etat ne peuvent que fleurir.

Selon une source syndicale « Deux curiosités vont sortir de ces accords-cadres. Vous verrez qu’il n’y aura pas d’appels d’offres pour ces travaux ; et les montants affichés, connaissant les pratiques dans ces milieux, seront exagérés. Chacun cherchant à bouffer là où il pourra. Je voudrais dire qu’un Etat sérieux n’a pas besoin de telles fantaisies qui montrent la déliquescence d’une République sans consistance. Nous avons touché le fond à cause de nos propres turpitudes ».

Comme quoi, si le Gabon était bien gouverné, les médias publics n’auraient pas besoin de mendier « quelques menus travaux » auprès des opérateurs économiques pour donner « au secteur de la Communication les moyens de répondre de manière efficiente aux immenses défis qui s’annoncent ». Quelle honte !

Nicolas NDONG ESSONO

Article du 12 avril 2022 - 11:24am

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