Owouhang

Par Nicolas NDONG ESSONO / 25 sep 2022 / 0 commentaire(s)

 

Dans l'entendement Fang, owouhang explique a priori une inconsistance physique tenue par la force des choses ou par hasard par une déchéance dévalorisante au point que sans besoin de lui souffler quoi que ce soit à l'oreille, l'homme est conscient de ce qu'il ne vaut rien par rapport aux autres.

En certains milieux, on est owouhang grâce au concours des chiques aux pieds conduisant à ne prendre appui que sur les talons ou"bitsindzi" pour marcher. Et aussi, les poux et les teignes sur la tête, la gale aux fesses sans pouvoir s'asseoir aisément sur un lit en bambous du village sans corruption du matelas. Une épreuve sans nom.

Toutefois, comme pour justifier la règle de l'exception, un owouhang a forcément une partie du corps faisant preuve de vitalité. C'est généralement la bouche, parce qu'un owouhang en deux mots peut soit vous inciter à commettre un crime, soit à se pendre. Toute la force perdue vers le bas se retrouve concentrée dans la bouche c'est-à-dire en haut.

Loin des soucis physiques de l'homme en tout genre induisant son état d'owouhang, une extrapolation linéaire permettrait de dire qu'owouhang n'est pas une spécificité humaine.

Eh ben pourquoi ?

Ah bon hein ?

Observez vos familles, vos entreprises, vos écoles, vos églises, vos partis politiques, vos associations, vos syndicats, vos routes, vos hôpitaux, votre agriculture, vos pensions, votre sécurité...

Tout est owouhang.

C'est-à-dire sans consistance.

Sans l'oublier, l'amour aussi est désormais sans consistance parce qu'il ne tient plus qu'à l'échange au point que tant de pauvres bougres sont convaincus de leur domination qui malheureusement reste fonction de la vitalité du portefeuille qui maigrisssant, restera accrochée aux vieux mots baratinants qui leurs ont fait croire à l'amour. Or ce n'était que malin, baratins et mensonges.

Loin de ces vulgarités qui ont l'âge du monde car liées au plus vieux métier,  passons aux préoccupations modernes ou actuelles liées aux exigences de des peuples dans leurs soifs de liberté, de développement et tout ce qui s'en suit, on serait alors très étonné de savoir sur ce chapitre qu'il y a des continents, des pays, des régions, des départements et des peuples ou des tribus owouhang.

Un continent owouhang pourquoi ? Parce que quand en marge de l'AG des nations unies une sous-région africaine va exposer ses problèmes à la face du monde de l'autre côté de l'Atlantique, ça signifie qu'on voudrait avoir l'avis des décideurs occidentaux pour départager loin de l'arbre à palabres où même le fou a droit à la parole démocratique.

C'est beaucoup pitié.

Un pays owouhang ? C'est celui qui dispose d'énormes ressources et dont la population reste encline à la misère avec des phénomènes récurrents de pauvreté liés au chômage, à l'insécurité, à la dégradation des voiries, à la subsistance des épidémies d'avant guerre, à la défaillance du système éducatif, à la précarité du logement, à la défaillance de la gouvernance, aux reproches faits à la justice, à la contestation des votes, aux reproches quant à la distribution des revenus communs, au népotisme, à la gabegie, à l'égoïsme, au tribalisme, aux maladies.

Ce petit tout est tel que du jour au lendemain, le grand costaud fort sans chiques ni gales ni teignes va fondre en direct au vu et au su des hommes de Dieu de toutes les confessions sans qu'aucune prière ne vienne à faire le moindre effet. Parce que, Dieu n'est pas dans les louanges et prières, mais dans la main de celui qui par un décret peut plier et relever ta vie.

Sauf que, au bout de 70 ans de règne, on aura plutôt vu Élisabeth II paraître owouhang en recevant le dernier premier ministre qu'elle a connu. C'était une reine. Qui est donc épargné par owouhang ?

Kabila est mort avec un ventre débordant, mais abattu comme un animal d'égoûts, donc une mort owouhang.

Owouhang est une menace naturelle qui nous attend à chaque étape de la vie. Quand un puissant ministre ou autre VIP se retrouve abattu face à la virulence d'un opj sans BEPC ou d'un jeune procureur commis pour l'humilier, il est owouhang.

De même, quand un peuple désabusé vient à critiquer ouvertement un gouvernement et l'ensemble de ses organes du fait des manquements répétitifs, ce dernier est désormais owouhang, c'est-à-dire, sans la confiance du peuple pour lequel il censé exister. Dans ce cas, comme dans un mariage, que dit le juge des affaires familiales ?

Le divorce, pour la liberté et la paix de Tous. Et, dans l'espoir d'un mieux être avec un bon partenaire vacciné aux écorces et animaux de bonnes forêts, donc viril, soit une garantie de continuité.

 

Madzodzo ooooooooh

Corneille OLLOMO EKOGA

Article du 25 septembre 2022 - 8:06pm

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