Parlement réuni en congrès : Aucune annonce forte.

Par Brandy MAMBOUNDOU / 25 juin 2021 / 0 commentaire(s)
Il n'est pas évident que le président de la République ait comblé les attentes des Gabonais ce 25 juin devant le Parlement.

En décidant de s’adresser au Parlement réuni en congrès ce 25 juin, plutôt que par des communications écrites, le président de la République, Ali Bongo, a suscité l’attente d’au moins une mesure forte, laquelle n’est malheureusement pas venue. L’hôte des députés et des sénateurs s’est borné à solliciter leur soutien pour le vote de lois futures. En l’absence d’un institut de sondage, les réactions sur les réseaux sociaux peuvent renseigner sur l’accueil que les Gabonais ont réservé au message délivré par le chef de l’Etat.

Pour trois raisons au moins, l’annonce du passage du président de la République devant le Parlement réuni en congrès a mis les Gabonais en appétit : le temps qui s’est écoulé depuis la dernière fois où il s’est livré à cet exercice, l’appel de certains leaders politiques à la décrispation et le front social en ébullition. Ali Bongo s’est adressé au Parlement réuni en congrès pour la dernière fois en 2016, à la veille de l’élection présidentielle. Il y a cinq ans donc. La rareté suscite la curiosité.

C’est enfoncer une porte ouverte que de dire que le président du Conseil national de la démocratie, Séraphin Ndaot Rembogo, qui s’en était fait l’écho, et l’opposant Louis Gaston Mayila, le défenseur acharné de l’appel à la paix des braves, n’ont pas vu leurs attentes comblées. Le chef de l’Etat n’a dit aucun mot sur une éventuelle concertation de la classe politique, pour quelque raison que ce soit. A moins d’en avoir réservé l’annonce dans une autre intervention dans avenir proche. Avocats de formation, Ndaot Rembogo et Mayila plaideront pour qu’elle ne soit pas renvoyée aux calendes grecques.

La dizaine des syndicats qui ont récemment saisi les deux chambres du Parlement aux fins de contester la mouture, non consensuelle, que le gouvernement leur a transmis, doivent également ruminer leur déception. De même que la centrale syndicale Dynamique unitaire, en grève depuis le 14 juin pour réclamer la fin des mesures d’austérité qui bloquent les carrières des fonctionnaires.

Comme s’il en doutait, le président de la République est plutôt allé dire aux députés et aux sénateurs qu’il compte sur leur soutien. Non sans les remercier d’avoir validé les lois sur l’égalité des genres et celles contre les violences faites aux femmes. Ali Bongo prépare-t-il un nouvel arsenal juridique ? Le chef de l’Etat devrait normalement dormir du sommeil du juste. Le Parti démocratique gabonais (PDG), dont il est le président, dispose d’une écrasante majorité à l’Assemblée nationale et au Sénat. Sans oublier les partis alliés.

En outre, le président de la République a mis ses hôtes en garde contre les agendas cachés, allant jusqu’à requérir leur loyauté. Y aurait-il péril en la demeure PDG, si l’on considère que les propos du distingué camarade ne sont pas gratuits ?

Brandy MAMBOUNDOU     

Article du 25 juin 2021 - 6:59pm

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