Perspectives électorales 2023 : Le terrain d’implantation et le tapis vert !

Par Nicolas NDONG ESSONO / 22 fév 2022 / 0 commentaire(s)
Paul Mba Abessole est le mieux placé pour conter son histoire aux autres leaders politiques.

Il était souhaitable et il est louable que les acteurs politiques de l’opposition occupent le terrain et aillent au contact de leurs potentiels électeurs à l’approche des échéances. Ils ne doivent cependant pas oublier d’activer d’autres leviers, les matches en politique au Gabon, se gagnant, à un certain niveau hors du terrain…

Que n’avait fait Jean Ping, en 2016, pour ravir démocratiquement le fauteuil présidentiel à Ali Bongo Ondimba ! Sortant son portefeuille au Gabon pour en sillonner les coins et recoins. Ouvrant son carnet d’adresses en voyageant à l’Extérieur du pays pour s’assurer l’éventuel soutien de la communauté internationale.

Avant lui, le père Paul Mba-Abessole avait pareillement quadrillé le pays, d’Eboro à Makongonio, en passant par la citadelle altogovéenne.

Les deux hommes, ont fini par comprendre qu’il y a tout un océan, entre prétendre gagner une élection et prendre effectivement le pouvoir au Gabon. Même feu André Mba-Obame, qui était du sérail et affirmait détenir… des clés, n’a pas pu faire sauter le verrou de l’inaccessibilité, quoi que l’on fasse jusqu’à présent, au pouvoir d’Etat à Libreville.

En se lançant tour à tour sur les routes et sentiers du Gabon ; Alexandre Barro-Chambrier, Mike Jocktane et Paulette Missambo, devraient avoir à l’esprit cette réalité ; et s’attendre à ce qu’au moment des élections, les populations leur disent : « Qu’allez-vous faire pour la prise en compte de nos voix ? ».

En son temps, lorsque la question lui fut posée dans les mêmes termes à la suite des revendications postélectorales d’André Mba-Obame qui n’invoquait plus alors ses fameuses clés, pas plus qu’avant lui, Paul Mba-Abessoule ne donnera aucune réalité à ses prétendus « missiles kapa », Jean Ping se contentera de dire : « Votez seulement, je ferai le reste. Personne ne me volera ma victoire ! ». Pourtant on en est-là cinq ans après…

Avec une Cour constitutionnelle plus… ordonnée qu’il n’y paraît, il va bien falloir anticiper et préparer un peu plus méticuleusement le contentieux électoral. En se rappelant très bien que c’est l’accusateur qui doit apporter la preuve, irréfutable des faits répréhensibles allégués. Même quand la preuve est apportée de manière incontestable, il faut encore que la forme y soit, sous peine de rejet de la requête par ce seul motif.

Les partis et personnalités politiques appelés à affronter le parti et les hommes au pouvoir doivent donc se préparer en formant leurs scrutateurs et témoins. En les formant, bien sûr. Mais aussi en s’assurant, pour les témoins, de leur moralité et de la solidité de leurs nerfs. Car il leur revient d’obtenir ou d’exiger au besoin, la copie du procès-verbal du bureau de vote, document indispensable devant attester de la véracité des résultats proclamés. C’est un travail essentiel et absolument pas facultatif. Pour ne pas venir raconter par la suite, des histoires devant la haute cour. C’est un dossier en béton dont il faudra disposer en ce moment-là.

Mais comment faire pour avoir des témoins dans l’ensemble des bureaux de vote du pays ? C’est à chaque formation politique, qui veut réellement conquérir le pouvoir suprême, d’y répondre. Il faut cependant avouer, que la difficulté est de taille. C’est pourquoi les uns et les autres devraient travailler à faire accepter lors de négociations à tenir absolument avant les scrutins de l’année prochaine, l’affichage des résultats, bureau de vote par bureau de vote. Il y a bien entendu d’autres sites de vigilance à explorer.

Brandy Mamboundou

Article du 22 février 2022 - 6:40pm

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