Quid de l'expertise gabonaise ?

Par Brandy MAMBOUNDOU / 05 mar 2021 / 0 commentaire(s)
Jean valentin Leyama

Il y a quelques mois, l'opinion apprenait le rachat des parts de la BNP Paribas au capital de la Bicig (Banque internationale pour le commerce et l’industrie du Gabon) par le Fonds gabonais d'investissement stratégique (FGIS), portant la part gabonaise à 100 %. Cette opération financière a été suivie, oh tollé général, de la nomination d'un citoyen ivoirien à la tête de ce fleuron de la banque au Gabon ! En lieu et place de plusieurs nationaux tout aussi compétents, qui ont, par ailleurs, le net avantage de connaître la maison et le secteur.

Récemment, le gouvernement a été instruit du Programme d'accélération de la transformation, conçu par le cabinet Mc Kinsey, déjà connu pour avoir élaboré la Stratégie de développement humain en 2013-2014, dont on peine à mesurer les résultats.

Lorsque l'on examine ces deux documents, on se pose la question de la pertinence de solliciter les coûteux services de cabinets internationaux, alors que nos universités et grandes écolesregorgent de ressources humaines de qualité dans le domaine de l'analyse stratégique.

Et voilà que l'ancien patron d'EDF et de Veolia, désormais à la retraite et parti avec des avantages qui ont fait scandale en France, son pays, pour avoir grugé des stocks-options et des jetons de présence dans toutes les entreprises qu'il a dirigées. Il revient au Gabon comme consultant en vue de « relancer les secteurs eau et électricité au Gabon, deux filières en difficulté depuis la rupture unilatérale par l’Etat gabonais, en 2018, de la concession de Veolia sur l’opérateur historique », écrit-on dans un journal français.

Ce que ce journal ignore, c'est qu'après la privatisation de la SEEG au profit de Veolia, le service public de l'eau et de l'électricité ne s'est pas considérablement amélioré, les récriminations envers la filiale du groupe français avaient atteint un tel paroxysme que le gouvernement avait dû rompre unilatéralement la concession.

Alors, si l’on comprend bien, Proglio Henri, consultant, va inventer des solutions aux problèmes d'électricité et d'eau du Gabon que Henri Proglio, dirigeant de Veolia et donc de laSEEG, a été incapable de trouver tout au long de la concession !

Outre se rémunérer grassement, que sait Proglio de la réalité gabonaise dans le domaine de l'énergie électrique et de l'eau face à des cadres expérimentés comme Divungi di Ndinge, Apandina, Lasseny Duboze, Ombanda, Owondo Berre, Jacques Ndong, Moussouami, et j'en oublie, qui ne demandent qu'à servir leur pays ?

Nous avons encore en mémoire la mission controversée confiée par le gouvernement au Dr Bernard Kouchner sur la mise en place d'un système d'assurance maladie universelle dont les vagues résultats avaient de la peine à justifier les faramineux honoraires reçus en payements, le vrai travail ayant été effectué par des cadres et des parlementaires gabonais.

Le domaine des infrastructures routières n'est pas en reste. C'est un bureau d'études français qui a été chargé des études de la Transgabonaise, alors que, s'ils se mettent en groupement, plusieurs cadres locaux, dont d’anciens ingénieurs du ministère des TP, peuvent accomplir cette mission car maîtrisant parfaitement la topologie des sols dans notre pays.

Chronique de Jean Valentin Leyama

Article du 5 mars 2021 - 11:06am

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