Sénégal : Le bâtisseur Macky Sall chez Ali Bongo à l’occasion de l’An 62 de l’Indépendance du Gabon

Par Brandy MAMBOUNDOU / 09 aoû 2022 / 0 commentaire(s)
Durant ses deux mandats, Macky Sall a multiplié les réalisations pour rendre les Sénégalais indépendants.

Las d’attendre son invitation pour l’inauguration du nouvel aéroport de Libreville annoncé à Dakar par son homologue en 2017, la commémoration de la fête nationale est une bonne occasion pour le successeur de Wade d’administrer quelques leçons de patriotisme à son hôte, à la tête d’un pays riche avec des compatriotes misérablement dépendants de tout ou presque.

Inauguration d’un nouvel aéroport à Libreville ou pas, Macky Sall est annoncé au Gabon dans les prochains jours. Il y arrivera, précédé de la réputation de grand bâtisseur pour son pays, même s’il ne fait pas l’unanimité auprès ses compatriotes. Mais ne dit-on pas que « Nul n’est prophète en son pays » ?

Nombre de ses concitoyens estiment, en effet, que c’est le meilleur président sénégalais depuis les indépendances. A la fin des années 90, les Sénégalais se sont rendu compte de la situation peu reluisante de leur pays et de l’impérieuse nécessité d’imposer une alternance qui sonnerait enfin le glas d’un parti-Etat (Parti socialiste, 39 ans au pouvoir) et qui n’aura pas impulsé le développement attendu. De peur que la première alternance, malgré l’immense espoir suscité, ne se transforme en dévolution monarchique (passage du pouvoir de père en fils chez les Wade à travers le Parti démocratique sénégalais), le peuple prit ses responsabilités en confiant les rênes du pays à Macky Sall. Un choix qui s’est avéré judicieux, au regard du volume, de l’importance et de la qualité des projets structurants réalisés pendant son premier quinquennat. Ces investissements ont mis une fin au manque de vision reproché à ses prédécesseurs depuis l’indépendance du pays en 1960 par les Sénégalais. D’où sa réélection pour un second et dernier mandat. Oui, un second et dernier mandat.

Même s’il est connu et logique qu’on ne change pas une équipe qui gagne, Macky Sall ne saura, malheureusement, faire trois mandats consécutifs, en dépit de son bilan élogieux, notamment sur le plan structurel. La montée en puissance du Sénégal repose sur le Plan Sénégal émergent (PSE), devenu le cadre de référence des politiques de développement de Macky Sall visant à conduire le pays sur la voie de l’émergence.

Le PSE repose sur trois piliers : la transformation structurelle des bases de l’économie, la promotion du capital humain, la bonne gouvernance et l’Etat de droit. Un programme qui a été mal calqué par le Gabon d’Ali Bongo dans le Pan stratégique Gabon émergent (PSGE).

Au niveau économique, et malgré une hausse importante des importations, la croissance du PIB réel s’est améliorée de 0,7 point par rapport à 2016, s’établissant à 7,1% en 2017 et à 7,2% à fin 2018. Le taux d’endettement du Sénégal s’établit actuellement à 47,7% du PIB et reste largement en dessous de la norme communautaire de l’UEMOA, fixée à 70%.

Sur le plan agricole, les progrès du pays sont exceptionnels et perceptibles. Le développement de l’agriculture est au cœur du PSE à travers le volet Programme de relance et d’accélération de la cadence de l’agriculture au Sénégal (PRACAS). En avril 2018, le chef de l’Etat sénégalais avait procédé à la distribution de 1000 unités d’équipes agricoles, d’une valeur de 32 milliards de Francs CFA. La vision de Macky Sall a toujours été de passer d’une agriculture de rente et vivrière à une agriculture industrialisée, en augmentant les surfaces cultivables, les périmètres irrigués, les modes opérationnels, et en réglant les problématiques d’eau, matérielles et logistiques.

Ainsi, sur le plan infrastructurel, le Sénégal reste une référence en Afrique de l’Ouest, au regard de la multiplication des projets structurants en un temps record : création d’une nouvelle ville à Diamniadio, dans la région de Dakar, mise en service de l’aéroport international Blaise Diagne, un des plus grands et plus modernes du continent, le Train Express Régional (TER) dont la capacité de transport est de 115 000 passagers par jour, lequel est jumelé à un système de Bus Transit Rapide et prolongé jusqu’à l’aéroport international Blaise Diagne.

Il a également lancé les travaux de reconstruction de cinq aéroports régionaux. 43 projets d’infrastructures routières, sur un linéaire de 1 762 km et 4 000 km de pistes en milieu rural, avec la mise en service de l’autoroute Ila Touba, passant le patrimoine autoroutier sénégalais de 32 km en 2011 à 221 km en 2018.

Sur le volet éducatif, d’énormes progrès ont été faits : valorisation des bourses, recadrage des programmes, construction et réhabilitation de plus de 10.000 salles de classe, 340 écoles élémentaires, 203 collèges, 36 lycées, 185 daaras (écoles coraniques). Preuve, s’il en est, que Macky Sall a placé l’éducation et la formation au cœur de ses priorités. « Chaque enfant de ce pays, quelles que soient ses origines sociales, doit avoir la chance d’aller à l’école, d’être utile à lui-même, à sa communauté et à la nation », avait-il déclaré dans un discours le 31 décembre 2018. Aussi, les investissements dans l’éducation sont-ils passés de 310 milliards en 2011 à 477 milliards pour le budget 2019.

Dans les zones urbaines, le Programme de modernisation des villes « Promovilles », s’étend sur 32 localités, soit 168 km de routes bitumées avec des réseaux d’éclairage public, d’assainissement et d’infrastructures sociales. Le gouvernement sénégalais, sous sa conduite, a également construit 13 ponts, rompant ainsi plusieurs localités de leur isolement. Le plus important de ces chefs-d’œuvre étant celui reliant le Sénégal à la Gambie. D’autres ouvrages sont en construction à travers le pays, notamment à Foundiougne, Marsassoum, Fanaye, Wendou Bosséabé et Ganguel Souleh.

Un florilège de réalisations parmi tant d’autres, et qui tranchent nettement avec la vision que les Gabonais se faisaient de l’émergence de leur pays. Il faut donc souhaiter que la visite de Macky Sall au Gabon suscite un sursaut d’orgueil de nos gouvernants pour suivre les performances réalisées au Sénégal en moins d’une décennie. Le Gabon a suffisamment de richesses pour ne pas s’inscrire sur la voie du progrès et du bien-être, avec une population cinq fois plus faible que celle du Sénégal. Plus grave, alors que le président sénégalais vient assister à l’An 62 de l’Indépendance du Gabon, les filles et fils de cette nation vivent misérablement dans leurs propres terres. Il ne serait hasardeux de dire : « ils ne sont rien, ils n’ont rien, ils ne méritent rien ; même pas le regard compatissant de celui qui a voulu volontairement devenir leur président mais qui est sourd à leurs souffrances… ». Pauvres Gabonais ! 

Elzo Mvoula

Article du 9 août 2022 - 10:23am

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