Sénégal : l’équipe de Macky Sall dans le viseur de ses « anciennes victimes »

Par Brandy MAMBOUNDOU / 16 juin 2024 / 0 commentaire(s)

 

Dimanche 9 juin, au Grand Théâtre de Dakar (Sénégal), le Premier ministre Ousmane Sonko a sonné la charge. Après avoir fustigé une partie des médias accusés de « ne pas payer leur dette fiscale » et des magistrats supposément « corrompus », il a attaqué le camp de Macky Sall sur le dossier de la répression des troubles préélectoraux.

Après un léger silence et des faux sourires entre les deux camps (Macky Sall et Ousmane Sonko), la chasse à l’homme, mieux, les règlements de comptes vont débuter dans peu de temps. C’est la quintessence du message du Premier ministre, chef du gouvernement Ousmane Sonko. Il s’agit notamment des évènements post-électoraux qui ont coûté la vie à plusieurs « combattants de la liberté ».

Ces violences auraient fait une soixantaine de morts entre mars 2021 et juin 2024 et la responsabilité incomberait, selon le nouveau pouvoir, à l’ancien président et à son appareil sécuritaire. Plus précisément l’ex-ministre de l’Intérieur, Félix-Antoine Diome, ou le haut commandant de la gendarmerie, le général Moussa Fall, débarqué le 24 avril. « Recruter des nervis, leur donner des armes et les laisser dans la nature pour qu’ils frappent et tuent des manifestants, croyez-vous que nous allons pardonner cela ? Non. Nous ne pardonnerons pas cela ! (…) A aucun moment, nous n’avons dit que nous pardonnerions de tels actes », a promis le chef de gouvernement devant un auditoire de « jeunes patriotes » acquis à sa cause.

Loin d’être un « Idiot », Macky Sall avait fait voter une loi d’amnistie pour lui et pour plusieurs autres de ses proches. C’est ce document qui l’aurait permis de quitter le pays et de rejoindre le Maroc où il vit actuellement. Le Président Faye et son Premier ministre n’entendent pas se laisser distraire par des documents qu’ils n’ont pas signés. Mais de l’autre côté, les familles des personnes supposées disparues mettent la pression sur les nouvelles autorités. 

Le chemin s’annonce très complexe. La loi votée va-t-elle être abrogée pour satisfaire les familles éplorées ? La question vaut tout son pesant d’or. Pour l’heure, Macky Sall se la coule douce au pays du roi Mohammed VI.

Source : Le Monde

Vichanie Mamboundou

Article du 16 juin 2024 - 2:16pm
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