Transport aérien : « Un sérieux incident » provoque l’annulation du vol Air France Paris-Libreville de ce samedi.

Par Nicolas NDONG ESSONO / 24 avr 2021 / 0 commentaire(s)
 Les passagers dans le bus en partance pour les hotels ce matin.

Initialement prévu pour ce matin à 5 h 30 min, l’atterrissage du Boeing 777 de la compagnie française a été reporté à demain dimanche à la même heure. Une panne mécanique est à l’origine de cette situation pénalisante pour les quelque 250 passagers qui devraient rallier notre pays.

« Mauvaises nouvelles… » ! Il aura fallu que le commandant de bord du Boeing 777 commence une énième communication – après une longue série d’interventions en lien avec une panne d’avion en cours de réparation – pour que les passagers comprennent la suite : l’annulation pure et simple du vol AF 926 Paris-Libreville d’hier vendredi 23 avril 2021. Et pourtant, sept heures auparavant, tout avait bien commencé. De l’enregistrement, aux formalités de police ou de contrôle sûreté en passant par la phase d’embarquement, rien de spécial n’était à signaler.

A 23h30 mn, le commandant de bord mettait les moteurs en marche avant d’annoncer « quelques turbulences » à certaines zones du trajet. Et le pushback peut commencer. Lentement et sûrement, triple sept est poussé par un puissant tracteur et déposé sur le taxiway. Lequel s’éloigne très rapidement. Dans l’avion, alors que les écrans commencent à diffuser les spots des mesures de sécurité, les passagers constatent que le 777 reste statique ; la phase de roulage tarde à s’amorcer.

Défaut de sonde de Pitot       

Au bout de quelques minutes d’attente, le commandant de bord annonce le retour de l’aéronef à son point de stationnement. Et pour cause, l’avion a un défaut de sonde de Pitot. Très rassurant, il prévoit un petit retard de « quelques minutes » pour permettre « aux équipes de maintenance » de remédier à la situation. Problème, de « quelques minutes », les voyageurs vont rester de 22 h 45 mn à 2 h 30 mn dans l’avion pour s’entendre dire que le vol est annulé, parce que le problème est plus « sérieux » qu’il n’y paraissait.

Ainsi, très rapidement, les équipes au sol se sont mobilisées pour la prise en charge des passagers. Lesquels seront logés dans deux hôtels de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle : Ibis et Mercure. Si la chambre d’hôtel et le petit-déjeuner sont pris à l’hôtel, Air France demande à ses clients de « se rendre à l'aéroport afin d'obtenir vos bons repas ». Selon nos informations, ils quitteront leurs lieux d’hébergement à 18 heures pour rallier l’aéroport dans des bus affrétés à cet effet. Le départ pour Libreville étant prévu à 23 h 40 mn.

Les passagers de ce vol vont-ils être mis en quarantaine obligatoire ?

Du coup, les questions ne manquent pas : les autorités gabonaises vont-elles accorder une dérogation spéciale aux détenteurs des tests PCR dont la date de validité dépasse les 72 heures ? Quid des passagers en provenance du Brésil, de l’Argentine, de l’Espagne…où sévissent des variants très dangereux de la Covid 19 ? Les passagers de ce vol vont-ils être mis en quarantaine obligatoire pour protéger les populations gabonaises du potentiel risque ? Doivent-ils faire des tests dans la journée avant de prendre l’avion pour le Gabon, ce soir ? Que deviendront les bouteilles d’alcool et autres parfums achetés dans les « buy Paris duty free » ?

Par ailleurs, au-delà de ces interrogations, à en croire un mécanicien aéronautique approché par nos soins « la panne d’une sonde Pitot – dont le rôle est de mesurer la vitesse des fluides – est classée au rang d’incident sérieux. La défaillance d’un capteur de l’appareil peut provoquer un crash ». D’ailleurs à ce sujet, au lendemain du crash – à l’origine de la mort de 189 passagers en pleine mer le 29 octobre 2018 - du Boeing 737 de la compagnie Lion Air, ce constructeur reconnaissait « implicitement » que « les pilotes du vol ont pu être mal guidés par le système d’information de l’appareil », rapportait l’AFP le 7 novembre 2018. Cette même année-là, l’accident du vol 703 Saratov Airlines a été attribué à la défaillance des ondes Pitot. Idem pour celui du vol 447 d’Air France en 2009. « Nous avons eu de la chance que la panne soit détectée au sol ! », soupirait ce matin l’un des passagers de ce vol dont bon nombre n’ont « aucune appréhension de reprendre l’avion ce soir. Air France est l’une des compagnies les plus sûres du monde ».

 

Nicolas NDONG ESSONO

Article du 24 avril 2021 - 8:03am

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