Un livre sur le marasme économique gabonais : pour l’économie nationale Ndong Sima accuse les privatisations

Par Brandy MAMBOUNDOU / 04 avr 2022 / 0 commentaire(s)
Raymond Ndong Sima l’ancien Premier ministre.

Dans son dernier ouvrage, exclusivement consacré à l’économie gabonaise, qui serait en souffrance d'hier à aujourd’hui, l’ancien Premier ministre déroule le tapis des manquements avant de faire des suggestions qui pourraient relancer le pays sur la voie du développement.

Dans son dernier livre intitulé L’économie gabonaise, l’ancien Premier ministre rappelle que depuis l’accession de notre pays à l’indépendance en 1960, le Gabon a été confronté à plusieurs obstacles. Dès les premières années, le pays se lance dans la création d’entreprises pour essayer de rattraper le retard pris en matière de développement. Une idée qui, à ce moment, paraissait louable. Mais, au début des années 1990, alors que le pays est en pleine croissance économique, les politiques décident de procéder à une nouvelle réforme. On parle dès lors de « privatisation » sous l’impulsion des institutions du Breton Woods, notamment la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Les dirigeants décident de ventre les actifs de l’Etat acquis lors du boom pétrolier des années 70. Désormais, on ne produit plus rien. On vend pour se faire du « fric », dit Raymond Ndong Sima. Un mauvais management qui s’est fait remarquer jusqu’à ce jour et qui pourrait conduire le navire Gabon droit sur un chemin de non-retour si rien n’est fait pour rectifier le tir, avertit l’économiste.

Ne pouvant rester insensible à ce « désastre économique », Raymond Ndong Sima émet quelques pistes de solutions dans son dernier ouvrage, comme il l’a fait savoir lors d’un entretien accordé à la rédaction de gabonclic.info, le mardi 29 mars 2022 à Libreville.

Personne, du moins ceux qui ont encore de l’affection pour le Gabon, ne peut rester insensible face à la situation économique qui prévaut depuis de trop nombreuses années. Encore moins des personnalités publiques qui ont été aux affaires. C’est en tout cas l’une des raisons qui aurait motivé l’ancien candidat à la présidentielle de 2016 à briser le silence. En effet, dans son ouvrage intitulé « l’économie Gabonaise », composant cinq chapitres, Raymond Ndong Sima part de la genèse de l’économie gabonaise jusqu’à nos jours.

A le lire, le mal du Gabon aurait commencé dès la privatisation des sociétés publiques concomitamment avec la décision d’orienter l’économie principalement vers la rente du pétrolière. « Le troisième objectif du livre est d’illustrer, par l’exemple emblématique de l’Office du chemin de fer Transgabonais, le déroulement d’un processus de privatisation et ses conséquences désastreuses sur les finances publiques dans l’exemple retenu. L’ouvrage pointe du doigt un certain nombre de manquements qu’on retrouve dans la plupart des privatisations effectuées durant cette période », souligne l’auteur.

En jetant un regard analytique sur cet ouvrage, il y a lieu de reconnaître que, malgré la hausse du produit intérieur brut depuis les années 1960, cette évolution a connu de nombreuses perturbations. Le modèle gabonais a mis en œuvre des politiques conjoncturelles, des politiques d'offre basées sur une forte dépendance et une grande exposition de l'économie à la conjoncture internationale. Des choix qui n'ont finalement conduit qu’à des résultats mitigés. Triste est le fait de constater que soixante ans après son indépendance, le Gabon fait toujours face au problème du développement.

Face à ce qui précède, l’économiste suggère de partir de la construction d’un modèle social conforme aux aspirations de la société gabonaise, d'explorer de nouvelles pistes de réflexion, d’imaginer un modèle de production basé sur une répartition équitable des terres, une gestion durable et une augmentation de la formation aux emplois. En gros, il suggère que les pouvoirs publics changent de style managérial pour permettre à la génération future de vivre dans des conditions plus confortables que celles d’hier et d’aujourd’hui. Mais la vraie question est celle de savoir s’il sera entendu alors qu’il a lui-même été aux affaires, au sommet du gouvernement.

Elzo MVOULA

Article du 4 avril 2022 - 10:25am

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