Trois questions à Stive Roméo Makanga, candidat du Bloc Démocratique Chrétien aux élections législatives de 2023

Par Brandy MAMBOUNDOU / 07 aoû 2023 / 0 commentaire(s)

 

À l'évidence, la candidature aux prochaines élections législatives de Stive Roméo Makanga ne semble pas une simple fantaisie. Loin s’en faut. Le journaliste d'investigation, auteur de plusieurs romans, a construit un projet parlementaire bien réfléchi, qu'il assure présenter au moment opportun. Pour autant, il nous a accordé un entretien au cours duquel il a répondu à nos trois questions sans tabou et que nous publions ci-dessous in extenso.

Des propos recueillis par Randy Louba 

Gabonclic : Bonjour monsieur Stive Roméo Makanga, cher confrère (rires). Vous êtes candidat aux élections législatives à venir et vous vous présentez sous la bannière du Bloc Démocratique Chrétien (BDC), quel est le sens de votre candidature, quand on sait que vous êtes un journaliste assez connu et pourquoi le BDC ?

Stive Roméo Makanga : D'abord merci de me donner de la voix par le truchement de votre médium. Ensuite, pour vous répondre très rapidement sans circonvolution aucune, considérez ma candidature comme celle de l'agacement. Je crois n'être pas le seul à avoir constaté que certains individus au Parlement ont entrepris de tirer le Gabon vers le bas. Nous devons nous y opposer farouchement. Je trouve que les priorités pour les Gabonais ne sont pas assez défendues à l'Assemblée nationale. Et ce constat est aussi communément partagé. Vous le savez aussi bien que moi, qu’un député est un représentant du peuple et que son rôle primordial est celui de proposer ou de modifier des lois qui améliorent les conditions de vie des populations. Aujourd'hui, il y a que nous avons des députés qui ne semblent pas du tout se soucier de cet impératif collectif. Lorsqu'on a des députés qui se précipitent pour faire passer des lois pour protéger les homosexuels, comme si ces derniers étaient en grand danger, qui ne contrôlent pas l'action du gouvernement et qui n'évaluent pas les politiques publiques, mais cautionnent plutôt les égarements du gouvernement, permettez-moi de croire que ces députés-là n'ont pas leurs places à l'Assemblée nationale. Et s'agissant de mon engagement au Bloc Démocratique Chrétien (BDC), sachez qu'il est clair. D'abord, c'est un parti chrétien qui fait la promotion d'un idéal républicain. Ensuite, ce dernier fait aussi de la préservation de nos valeurs, de nos coutumes une véritable priorité. D'ailleurs, tel que le stipule si bien le préambule de notre loi fondamentale : « (le peuple gabonais) proclame solennellement son attachement à ses valeurs sociales, profondes et traditionnelles, à son patrimoine culturel, matériel et spirituel… », vous le savez bien. En tant que chrétiens, notre volonté est celle de tous les Gabonais : construire un pays plus juste. Et cela commence à l'Assemblée nationale.

Comment comptez-vous y arriver ?

Il va falloir que nous fassions œuvre de pédagogie dans ce pays et cette préoccupation me paraît essentielle. Les populations doivent savoir ce qu'est un député et quelles sont ses missions. Cela devrait permettre de détecter, de prime abord, les opportunistes et tous ces prestidigitateurs qui, en période électorale, viennent servir des discours creux et ne présentent aucun projet parlementaire. Ils se contentent de dire qu'ils ont grandi dans L'arrondissement où ils se présentent, qu'ils vont faire des passerelles, que leurs portes n'ont jamais été fermées pour les doléances, etc, comme si tout ceci entrait dans le cadre des missions d'un député. Les populations doivent définitivement comprendre que le député joue principalement quatre rôles à l'Assemblée nationale. Il vote les lois, consent l'impôt, contrôle l'action du gouvernement et évalue les politiques publiques. Voici ce qu'il fait au quotidien. Il n'est pas exclu qu'un député fasse du social, mais les populations doivent comprendre qu'en faisant des lois plus justes, en contrôlant au mieux l'action du gouvernement, etc, on agit dans l'intérêt supérieur de la nation. Les lois votées à l'Assemblée nationale s'imposent à tous. Et ce, quelque soit le secteur : économie, société, santé, droits de l'homme, justice… Aujourd'hui, nous avons à l'Assemblée nationale plus de 95⅔ des députés d'un seul bord politique, qui se sont passés le mot. Ces derniers votent des lois qui sont loin d'être prioritaires pour les populations, ne font rien pour les vraies préoccupations en matière de santé, d'éducation, d'emplois, etc. Ils valident tous les projets de lois que propose le gouvernement, valident toutes leurs actions, même les plus meurtrières pour les populations. Et ils sont loin de faire de l'évaluation des politiques publiques leurs véritables préoccupations. C'est pourquoi je m'obstine à croire que nous n'avons pas les bons députés à l'Assemblée nationale et je vais vous énumérer quelques-uns de leurs crimes. Premièrement, ils ont voté une loi en faveur de la dépénalisation de l'homosexualité. Et nous savons tous que celle-ci s'oppose à nos us et coutumes et même à la Constitution. J'ai pris le soin de vous citer un paragraphe, par ailleurs. Deuxièmement, ils sont sur le point d'introduire un projet de loi pour enseigner des notions qui promeuvent l'homosexualité dès l'école maternelle. C'est une véritable tragédie. Nous savons tous que si ce projet passe, il participera à détruire sur le long terme notre progéniture, en faisant d'eux des pédés et des lesbiennes. Donc une société de pédés et de lesbiennes. Ce sont des choses que nos ancêtres ont condamnées avec la plus grande énergie, parce que ces pratiques attiraient la malédiction dans les villages. Vous savez aussi que c'est à cause de la recrudescence de ces pratiques que Dieu a détruites les villes de Sodome et Gomorrhe. Troisièmement, ces députés pédégistes ont voté une loi qui donne désormais à la femme les mêmes droits que l'homme dans le foyer. Ce qui signifie que dans le foyer, l'homme n'est plus le chef exclusif. La femme est également chef. Je suis d'accord qu'il faut donner plus de responsabilités à la femme pour qu'elle joue mieux son rôle auprès de l'homme et d'ailleurs nos coutumes, la Bible et même le coran chez les musulmans le soutien. Il est hors de question que l'on vienne remettre en cause nos traditions, simplement parce qu'il faut faire plaisir à nos bailleurs de fonds occidentaux. Moi, je suis candidat et je serai élu pour faire cesser l'adoption des lois de pédés qu'on nous a imposée, ainsi que toutes celles qui ont fait perdre aux populations le privilège d'être gabonais. Vous avez suivi l'actualité française avec la réforme sur les retraites. Malgré toute la bonne volonté d'Emmanuel Macron de faire passer ces réformes, il s'est heurté à la volonté et la ténacité d'une Assemblée nationale coriace, qui n'a rien lâché. Ici au Gabon, nous avons des députés au brouillon, qui se fichent des véritables préoccupations des populations. C'est pourquoi je pense qu'ils doivent tous tomber. Il faut du sang neuf, des personnes de valeurs qui ont compris les enjeux de la République.

Vous avez parlé de projet parlementaire, en avez-vous un ?

(Rires) Bien-sûr que j'en ai un. Le BDC est un parti politique très sérieux et nous faisons les choses soigneusement. Nous n'avons qu'une seule volonté, agir dans l'intérêt des populations et donc participer à la construction de ce beau pays, suffisamment béni du créateur. Merci monsieur Makanga et surtout… bon courage, cher confrère (rires). Stive Roméo Makanga : C'est moi qui vous remercie.

Article du 7 août 2023 - 7:52pm
Article vu "en cours dév"

Nombre de Commentaires (0)

Faites un commentaire !