Bagarre de chiffonnier autour d’un arrêté : Si les Gabonais ne périssent pas du Covid-19, la misère s’en chargera

Par Brandy MAMBOUNDOU / 30 déc 2021 / 0 commentaire(s)
Guy Patrick Obiang ne rassure pas les Gabonais.

Rien ne semble fonctionner normalement dans notre pays depuis que la barre de navigation du navire Gabon a été conviée à une élite, qui a jugé que les femmes et les hommes expérimentés qui ont eu la « la malchance » d’avoir servi le pays avec feu Omar Bongo Ondimba devraient être mis au rebut sans ménagement. Si hier cette initiative, pompeusement surnommée « TsunAli », avait laissé plusieurs observateurs perplexes. Aujourd’hui, le résultat est sans appel : l’échec est évident à tous les niveaux. La preuve !

Aujourd’hui, malgré l’émergence annoncée à coups d’encensement et autres dithyrambes, l’état de la nation n’est pas des plus reluisants. Tant s’en faut. Le pays semble à chaque jour s’enfoncer dans les méandres de l'inimaginable. Personne ne pouvait imaginer un seul instant la monstrueuse descente actuelle aux enfers. Même les institutions de la République ressentent l’effet de déchéance des valeurs républicaines, comme une salissure sur un tissu immaculé. Quoi de surprenant ? Puisque celui qui a reçu l’onction pour conduire les affaires de la République, a plutôt laissé des néophytes faire de ce pouvoir une partie de d’expérimentation de jeux électroniques. La légèreté de la communication présidentielle ou celle du gouvernement en sont les témoignages typiques de cette submersion. La sacramentalité de la souveraineté nationale n’existe plus que de nom. Toutes les valeurs régissant l’autorité de l’Etat et tous les symboles de la souveraineté nationale ont été fourvoyées, transformés en dérivatifs et autres altérations propres à transformer l’Etat en une gigantesque aire de bouleversements.

Le gouvernement qui a pour adversaire la population

La partie de ping-pong présentement engagée à la Cour constitutionnelle a pour acteurs le gouvernement qui a pour adversaire la population. Car, il faut le dire sans emphase : aucune couche de la population gabonaise n’est aujourd’hui en harmonie avec la gouvernance sanitaire actuelle. Le Gabon est même passé, aux yeux des frères et sœurs de la sous-région, en matière de lutte contre le covid-19, comme un objet de raillerie. A croire que cette pandémie a été fabriquée pour le Gabon, tellement les autorités du pays en ont fait une justification de leurs insuffisances en matière de politique sanitaire appropriée.

Le conflit qui oppose le gouvernement à la société civile, qui représente assurément la majorité de la population, symbolisée par le « Copil citoyen », dont l’interface est constituée de volontaires qui s’arc-boutent contre ce qui paraît comme un abus d’autorité de la part du gouvernement, n’amuse personne. Les enjeux sont d’une importance vitale loin de distraire la population. Si réellement la vocation première du gouvernement est la recherche du bien-être du peuple, cette tragi-comédie, qui ne fait honneur aux institutions de la République, doit rapidement connaître son épilogue.

En effet, si le gouvernement, dans tous ses discours se vante d’œuvrer pour la protection de la nation contre la pandémie du covid-19, les antagonistes de cette politique entreverraient plutôt une manière maladroite d’exploiter un peuple déjà à bout d’une politique de paupérisation. La situation du pays ne prêtant guère à glousser, les mesures gouvernementales, qui s’apparentent plus à une politique de répression, ne font qu’accroître le dénuement de la masse. Et cette calamité constituée du déclin du niveau de vie à laquelle s’ajoute la pandémie ne semble guère proche de son terme. La recrudescence des contaminations observée en Europe et ailleurs devient une raison totalement farfelue pour l’équipe de Rose Christiane Ossouka Raponda pour imposer des mesures de restriction, qui n’ont que la misère du peuple comme seul mérite. Alors que tout le monde sait que l’hiver est à la source des nombreuses contaminations enregistrées ces derniers temps en France et ailleurs. Le ministre de la Santé Guy Patrick Obiang Ndong devrait d’abord penser à exporter l’hiver sous notre soleil tropical avant d’insinuer une « recrudescence des cas de contamination ». La grippe saisonnière qui sévit actuellement, a été une occasion inespérée pour le ministre de la Santé de l’assimiler, au cours de sa conférence de presse du 28 décembre dernier, à une aggravation des contaminations.

Quand le gouvernement se bat contre des moulins à vent

Cette situation, des plus catastrophiques, par la seule volonté du gouvernement, sévit depuis mars 2020. La population gabonaise, dans sa majorité, ne vit plus, mais subit une survivance au jour le jour, la pandémie s’ajoutant à un chômage inédit ne laisse personne indifférente. Côté santé, aucune autre maladie ne semble intéresser l’attention des gouvernants. Toute la concentration et tous les moyens de l’Etat seraient désormais consacrés à la lutte contre le covid-19. Le tissu économique national se dégrade chaque jour un peu plus, alors que la pertinence des mesures privatives reste à prouver. Car malgré ces restrictions, le gouvernement ne peut assurer être sur la meilleure voie, comme c’est le cas dans certains pays, où la recherche d’une thérapie locale promet des jours enchanteurs. Le gouvernement se bat plutôt contre des moulins à vent. Une véritable chimère, d’autant plus que personne ne peut indiquer l’à-propos d’une prise en charge médicale préconisée par le ministère de la Santé.

Le serpent qui se mord la queue

L’objet du bras-de-fer entre le gouvernement et la population n’est que la résultante de la prodigieuse cupidité affichée par le gouvernement. Car le sens des arrêtés gouvernementaux querellés et leurs suspensions successives par la Cour constitutionnelle de Marie Madeleine Mborantsuo n’ont qu’une évidence : faire des tests de dépistage une source de capitalisation. Et pourtant, si la couverture sanitaire de la population était la principale préoccupation du gouvernement, pourquoi celui-ci ayant annoncé, lors du dernier Conseil des ministres, le 17 décembre dernier, avoir contracté auprès de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC) « un emprunt de 15 milliards de nos francs destinés au financement partiel de la stratégie de riposte contre la covid-19 », devrait-il continuer à imposer à sa population un paiement des tests de dépistage ? Quel est donc l'engagement de l’Etat vis-à-vis du peuple, si celui-ci devait payer les prestations gouvernementales ?

Le vaccin n’est gratuit que parce qu’il est fourni gratuitement à l’Etat, sans quoi, il serait imposé indéniablement à la population de payer le double de sa valeur réelle. Sinon, pourquoi traiter le peuple comme un ilote pour un vaccin qui ne protège, comme cela devient le cas, contre la pandémie ? Bien au contraire, il est démontré que non seulement le vaccin ne prévient pas contre le covid-19, mais en plus des effets secondaires sont à redouter. Pourquoi donc soumettre les Gabonais à une opératoire aléatoire ? En réalité c’est le serpent qui se mord la queue, puisque rien ne dit que les deux doses de vaccin actuellement en vigueur au Gabon, suffiront à immuniser les inoculés.

Avec tous les scientifiques dont le Gabon regorge, il est incompréhensible qu’à part les sorties devenues encombrantes du seul ministre de la Santé, pour ses shows télévisés, aucun éminent médecin de ce pays n’est sorti pour se prononcer sur la justesse des vaccins recommandés par le gouvernement. Alors que, et tout le monde le sait, si par exemple le Professeur Pierre André Kombila paraissait à la télévision pour demander à la population de se faire inoculer les vaccins, aujourd’hui on n’obligerait personne à le faire les centres de vaccinations seraient pris d’assaut. Mais les enfants auxquels on a confié l’enclume, qui ignorent sa réelle importance, en fait un outil pour casser les badames.

Ainsi va désormais la République !

Nicolas NDONG ESSONO

Article du 30 décembre 2021 - 8:41am

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