Gabon : Le ministère de l’Energie doit-il être supprimé au regard de la médiocrité des fournitures d’eau et d’électricité sur l’ensemble du pays ?

Par Brandy MAMBOUNDOU / 21 sep 2022 / 0 commentaire(s)
Le ministre de l'Energie n'apporte aucune solution aux problèmes des Gabonais.

Oui, logiquement si l’on s’en tient aux causes officielles ayant motivé la suppression du ministère des Travaux publics. D’autant plus que, en observant ses gesticulations au quotidien, il préfère aller se distraire fréquemment à Makokou que de trouver des solutions aux problèmes d’eau et d’électricité de ses compatriotes, Bilie Bi Nze ne semble pas prendre la mesure de la gravité de la situation. 

Mais que fait donc le gouvernement ? Pourquoi ce silence ? Voilà un mois qu’une partie de Libreville Nord, ainsi que des quartiers de la commune d’Akanda ne sont plus alimentés en eau potable par la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). Des semaines que certaines fontaines publiques sont hors-service, et les autres prises d’assaut par des riverains sevrés du précis liquide vital. Des semaines que le calvaire dure, dans la quasi-indifférence du ministère de tutelle, qui sur cette crise persistante semble démuni et fait preuve de maladresse dans sa communication quasi inexistante.

En pareille circonstance, une cellule de crise aurait dû être mise en place, tant la situation est préoccupante et nécessite des mesures d’urgence pour, au moins, soulager les usagers confrontés à cette pénible privation. Jour et nuit, les équipes techniques devraient se relayer pour rapidement trouver des solutions, sous la supervision constante du ministre, qui normalement joue sa crédibilité sur un tel dossier. Ailleurs, on s’attendrait à la mise en place de points de distribution d’eau, ou à la mise à disposition de citernes ambulantes ; l’ouverture d’un numéro vert accessible pour pallier les incertitudes d’une communication ministérielle erratique. Ailleurs, le ministre rendrait rapidement des comptes. Mais Rose Ossouka Raponda Raponda est en hibernation, ou trop occupée à ne pas se faire remplacer.

Au lieu d’affronter l’épreuve, Alain-Claude Bilie-By-Nze a préféré aller se distraire à Makokou, prétextant de la fête des cultures (26 au 27 août) pour réécrire l’histoire du peuple « Nzamane ». Questions : en quoi la célébration, en province, de cette journée était-elle plus importante que la résorption du problème d’alimentation en eau de Libreville et Akanda ? Bilie-By-Nze est-il ministre de la culture ? Les Ogivins avaient-ils besoin de deux jours de festivités – payés par le contribuable – pour savoir qui ils sont ? Subsidiairement : la politique politicienne est-elle le devoir primordial d’un ministre de la République ?

Encore une fois, les faits obligent à reconnaître, hélas ! qu’Alain-Claude Bilie-By-Nze n’est qu’un politicien, dans l’acception dégradée et accablante de ce terme. Un orateur médiocrement doué, certes, mais nullement un homme d’action, dont l’action justement consiste, pour l’homme d’État, à apporter au quotidien des solutions aux problèmes qui relèvent des politiques publiques de son département. On reconnaît les serviteurs de l’État en temps de crise, par leur abnégation et leur souci de leurs compatriotes.

Il est incongru qu’un pays à forte pluviométrie – le Gabon n’est ni le Tchad, ni le Sahel –, et qui compte de nombreux cours d’eau, subisse une telle crise pendant des délais aussi longs. Le plus scandaleux est que cela se produise pendant la Semaine africaine du climat. Comment ne pas venir à bout de tels soucis techniques pour une capitale qui, durant cinq jours, a été le centre de l’Afrique ? Honte à nos dirigeants.

Vichanie Mamboundou

Article du 21 septembre 2022 - 12:38pm

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