Gabon : Pourquoi René Ndemezo’o fait-il « durer le plaisir » de la Fusion-absorption de DN au PDG ?

Par Brandy MAMBOUNDOU / 02 sep 2022 / 0 commentaire(s)
RNO a toujours rusé pour se maintenir à flot.

En avril 2021, René Ndemezo’Obiang, alors Premier secrétaire de Démocratie Nouvelle (DN), annonçait, lors d’une sortie médiatique, son grand retour dans les rangs du Parti démocratique gabonais (PDG). Plusieurs observateurs de la vie politique gabonaise avaient vu en ce revirement son désir de jouer un rôle majeur lors la prochaine présidentielle et éventuellement engranger des espèces sonnantes et trébuchantes. Mais depuis cette déclaration, DN n’a toujours pas intégré juridiquement le parti des masses, faute d’un congrès consacré.

Six ans après sa sortie impétueuse du Parti démocratique gabonais (PDG), René Ndemezo’Obiang, qui avait rejoint l’opposition avec armes et bagages, est revenu dans « la maison du père », depuis avril 2021. Mais depuis cette date, Démocratie nouvelle (DN), sa formation politique, n’est pas juridiquement dissoute. Et pour cause, aucun congrès n’a été organisé pour acter cette fusion au sein du PDG. Ce qui revient à dire que c’est au cours du congrès prévu le 3 septembre 2022 que les militants auront le choix d’acter la fusion ou de la rejeter.

Et, comme on le sait, Démocratie nouvelle, qui n’est essentiellement implantée que dans le département du Ntem, principalement dans la commune de Bitam, pourrait refuser cette fusion-absorption avec son grand rival d’antan, le PDG.

D’abord, le retour de René Ndemezo’o au PDG est vu à Bitam, parmi les militants de Démocratie nouvelle, comme une traîtrise. De nombreux partisans de la désormais défunte DN rechigneraient à rejoindre le PDG, aussi bien par orgueil que par un souci d’idéologie politique. Surtout lorsqu’ils se rappellent les rixes, en 2018, entre les Pédégistes et les partisans de DN à Bitam, lors des élections locales et l’élection du maire de la commune.

La même scène s’était produite lors des dernières sénatoriales, où Emmanuel Ondo Metogho avait fini par être déclaré élu. Une histoire restée en travers de la gorge des Bitamois, qui croyaient encore en Démocratie Nouvelle ; pensant que leur parti pourrait enfoncer le dernier clou dans le cercueil du PDG dans la commune de Bitam. Alors que, déjà à l’époque, des partisans de René, très avisés, soupçonnaient un arrangement d’arrière-boutique entre El Capo et le PDG. 

Mais depuis ce supposé deal, l’ancien Premier secrétaire de l’ex-DN n’aurait rien vu venir en espèces sonnantes et trébuchantes, aussi. D’où le retard pris pour l’organisation du congrès qui devrait définitivement acter la fusion de DN dans le parti des masses.

Et comme par hasard, le congrès de la fusion intervient quelques mois après le courrier de l’ex-nouveau militant du PDG au Distingué camarade président Ali Bongo, pour lui signifier qu’il attendait encore les retombées du deal passé entre eux, au cours de l’audience à lui accordée et qui l’avait décidé à accepter la fameuse fusion et la mise à mort de Démocratie nouvelle. Le congrès à venir serait-il la réponse du berger à la bergère ? Chantage lorsque tu nous tiens !

On ose le croire. D’autant plus que, non seulement René Ndemezo’o n’a toujours pas été nommé Vice-président de la République, comme il le signifiait clairement dans sa correspondance, mais encore son courrier avait été étalé au grand jour, sur la place publique via les réseaux sociaux. A moins qu’une nouvelle promesse lui ait été faite. Sans quoi, le congrès pourrait « refuser la fusion de DN dans le PDG ». 

Encore que, depuis l’annonce du retour d’El Capo au PDG, l’homme aurait perdu pied dans sa commune de Bitam, où il ne serait plus que l’ombre de lui-même, végétant désormais seul, dans les rues de la ville lors des évènements du PDG. En un mot, René Ndemezo’o ne serait pas le bienvenu dans les instances locales du PDG dans le département du Ntem, encore moins dans la commune de Bitam.

Et comme ce n’est qu’un secret de polichinelle, tout le monde sait que, qui dit Démocratie nouvelle, dit inéluctablement Bitam. Ce parti, même au plus fort de sa popularité, n’a pu s’implanter solidement sur aucune autre localité de la République, en dehors de Bitam. Même pas dans le département du Ntem. 

L’apport politique de René Ndemezo’o à Ali Bongo ne pourrait donc être que quelques personnes attachées à sa personne. Rien de plus. En plus de cette réalité, l’adage enseigne : « Qui a trahi, trahira ». Ali Bongo réfléchirait certainement avant de conclure tout arrangement avec « le dribbleur » de l’Us Bitam. Qui, outre son impopularité dans la localité, traîne, comme un manteau souillé, sa traîtrise à l’endroit de Jean Ping. Autant croire que René Ndemezo’o vit son crépuscule politique.

Elzo Mvoula

Article du 2 septembre 2022 - 12:25pm

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