Énième mise sur bon de caisse des enseignants dans le secteur éducation : Quand Théodore Koumba envenime la situation

Par Brandy MAMBOUNDOU / 27 déc 2021 / 0 commentaire(s)
Théodore koumba, l'actuel sécrétaire général du ministère de l'Education nationale.

Alors qu’on pensait que le gouvernement allait se ressaisir après les derniers mouvements d’humeurs enregistrés au sein l’enceinte du ministère de l’Éducation nationale après la mise « illégale» des enseignants en grève sous bons de caisse, au mois de novembre 2021, voilà que ce dernier vient à nouveau d’enfoncer le clou en procédant une fois de trop, à l’amputation des salaires du mois de décembre 2021.

En décidant d’agir ainsi, le gouvernement, par l’entremise du Secrétaire général dudit ministère, persisterait dans l’abus du pouvoir. Il violerait délibérément la loi, notamment les dispositions de la loi 1/2005 du 4 février 2005 portant Statut général de la Fonction publique en son article 71, qui encadre la grève en République Gabonaise. Une attitude que la Coalition des deux grandes formations syndicales de ce secteur a tenue à fustiger dans une lettre adressée à leurs collègues et dont « Gabonclic.info » à reçu copie le vendredi 24 décembre dernier.

Dans ce conflit de travail, le gouvernement ne devrait pas, en principe, opposer les dispositions de la loi N°18/92 du 18 mai 1993, une norme antérieure à celle de la loi 1/2005 du 4 février 2005 portant Statut général de la Fonction publique qui la complète, fixant les conditions de constitution et l’organisation des organisations syndicales des agents de l’Etat qui stipule en son article 25 que : « les journées de grève ne sont pas rémunérées. Seules sont versés aux agents en grève les prestations familiales, les suppléments pour charges de famille et l’aide au logement ».

En effet, l’objet de cette grève porte, pour l’essentiel, sur la rémunération due, puisque les enseignants réclament les recrutements dans la Fonction publique et le présalaire versé aux enseignants stagiaires ne constitue pas un salaire, au sens de la loi. Au-delà du recrutement, ces mêmes enseignants attendent les intégrations, les titularisations, les reclassements après stage, les avancements automatiques, qui constituent bel et bien des éléments de rémunération. En plus de cela, l’État reste également redevable des rappels solde qui sont des dettes dues au titre de la rémunération.

Aussi, cette attitude guerrière et provocatrice, à n’en point douter, ne participe aucunement à l’apaisement recherché pour une sortie rapide de la crise, puisque le Gouvernement oublie volontairement de s’attaquer aux problèmes posés par les enseignants. « Nous nous étions engagés à mettre tout en œuvre pour obtenir la restitution des bons de caisse sans condition, aujourd’hui c’est chose faite, même si, là aussi, Monsieur Théodore Koumba, Secrétaire Général du ministère de l’Éducation nationale, viole une nouvelle fois la loi en voulant conditionner la restitution de ces bons de caisse par la signature d’une “lettre d’engagement” obligeant les enseignants à renoncer au droit de grève, un droit pourtant constitutionnel », dénonce la correspondance de cette coalition.

A vrai dire, la période de vacances scolaires aurait dû être mise à profit pour trouver une issue définitive à ce conflit. Or, c'est l'effet contraire que l'on observe. C’est donc tout en prenant à témoin l’opinion nationale et internationale sur les conséquences que pourrait engendrer l’attitude arrogante du Gouvernement sur leur relation partenariale, entend mener plusieurs actions pour s'opposer à cette décision. Les leaders des formations syndicales exhortent donc leurs collègues à garder le calme, à rester toujours mobilisés et attendre toutes les consignes nécessaires quant à la suite du combat. C’est quoi exactement le projet des gouvernants ? Là, demeure le mystère.

Brandy MAMBOUNDOU

Article du 27 décembre 2021 - 11:06pm

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