Mairie de Libreville : Eugène Mba se saborde demain .

Par Nicolas NDONG ESSONO / 16 juin 2021 / 0 commentaire(s)
Il serait étonnant que le maire Eugène Mba revienne sur sa démission ou que les conseillers municipaux la refusent .

Conformément à l’arrêté de la gouverneure de l’Estuaire, Marie Françoise Dikoumba, pris le 1er juin, le conseil municipal de Libreville se réunira ce 17 juin, à l’effet de recevoir la démission du maire, Eugène Mba, qui a rendu son tablier le 26 mai, en réaction aux accusations de tentative de détournement de la somme de 338 millions de FCFA. Conformément à sa réputation d’homme d’honneur, l’édile devrait confirmer sa démission, en dépit des voix qui s’emploient à l’en dissuader. 

Banquier de formation, Eugène Mba n’a pas seulement l’élégance physique de mise dans son milieu d’origine. Ceux qui le connaissent lui reconnaissent également une élégance morale. En cinq mois à la tête de la mairie, Eugène Mba a convaincu qu’il est un homme pudique, sans commune mesure avec le côté bling-bling de son prédécesseur, Léandre Nzué, ou de son collaborateur Serge William Akassaga Okinda, qui convoite le poste.

Toujours est-il que l’image du maire discret s’est trouvée écornée par cette affaire de tentative de détournement d’environ 338 millions de FCFA que devait recevoir l’entreprise Jeta Groupe, adjudicataire du marché de curage des caniveaux et d’assainissement des bassins versants dont l’obstruction est à l’origine des fréquentes et parfois meurtrières inondations que Libreville enregistre à la moindre pluie. La démission, pour quelqu’un de la trempe d’Eugène Mba, est une manière de laver son honneur, de sortir par la grande porte, d’autant plus que la démission d’un poste stratégique et juteux n’est pas monnaie courante au Gabon, où l’élégance morale n’est pas la chose la mieux partagée au sein de la classe politique.

Il paraît que le maire de la capitale a beaucoup d’avantages matériels, mais surtout financiers. De plus, le poste ouvre la voie à d’autres situations enviables. En témoigne la carrière de la Première ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda.

Il serait étonnant, contrairement à ce que certaines voix laissent entendre, qu’Eugène Mba ne se reconnaisse pas dans cette démission. Ou que les conseillers municipaux du Parti démocratique gabonais (PDG), majoritaires, refusent de prendre acte de la démission de l’édile. D’abord parce qu’ils ne peuvent pas forcer le maire à rester en poste alors que lui-même n’en veut plus. On ne peut pas faire le bonheur de quelqu’un contre sa volonté.

Ensuite parce que la discipline est une loi au PDG et s’en écarter fait peser d’énormes risques sur la carrière politique, et même administrative, de celui qui ose. A Louis, siège du PDG, la démission d’Eugène Mba est déjà actée. Des noms de potentiels successeurs seraient déjà sur la table.

Mais contrairement aux rumeurs en sa faveur, le turbulent Akassaga Okinda, qui s’est encore récemment rendu coupable d’une frasque à l’aéroport de Franceville, n’a pas les suffrages des décideurs. La capitale a déjà trop souffert avec les histoires de détournement pour se taper encore le luxe se donner un maire qui manque manifestement de savoir-vivre. Il s’était déjà rendu coupable d’agression sur un policier en uniforme et dans l’exercice de ses missions. Le moins que l’on puisse dire est que Libreville ne saurait s’accommoder d’un maire « bangando », c’est-à-dire issu de la piétaille.

Le PDG doit donc mettre la barre à un niveau suffisamment élevé et représentatif de la capitale. Il est attendu au tournant.

Nicolas NDONG ESSONO

 

Article du 16 juin 2021 - 12:35pm

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