Côte d’Ivoire : Le développement promis par Alassane Ouattara est-il au rendez-vous ?

Par Brandy MAMBOUNDOU / 24 jan 2022 / 0 commentaire(s)
Alassane Ouattara, le président Ivoirien.

Après une lutte acharnée et meurtrière liée de la crise post-électorale de 2011, le successeur de Laurent Gbagbo avait initié un programme gouvernemental mettant la priorité sur les chantiers urgents, notamment les routes régionales, l’adduction d’eau et l’installation électrique dans les villages.

Douze ans après la crise post-électorale de 2010-2011, les Ivoiriens sont partiellement comblés des réalisations promises par Alassane Ouattara. Mais l’adage le dit si bien : « Plus on m’en donne, plus j’en demande ». Selon une étude gouvernementale, plus de 75 % des villages de Côte d’Ivoire sont dotés d’installations électriques et d’adduction d’eau potable. Même si le chef d’Etat avait promis de porter la Côte d’Ivoire au rang des pays émergents, l’objectif n’est guère atteint, mais les jalons pour y arriver sont posés. Le visage de la capitale économique, Abidjan, a littéralement changé. Plusieurs infrastructures routières ont été construites, à l’image des échangeurs et autres autoroutes font d’Abidjan une véritable toile d’araignée.

Sur le plan économique, si la Côte d’Ivoire fait partie des pays africains les plus endettés, à cause des réalisations infrastructurelles, il est aussi bon de reconnaître que l’investissement étranger, grâce à la facilité accordée à plusieurs entrepreneurs, a beaucoup contribué à la réduction du chômage.

Le gouvernement ivoirien, conduit par l’actuel Premier ministre, Patrick Jérôme Achi, qui a succédé au défunt Hamed Bakayoko, est globalement constitué d’amis ou de connaissances de longue date du chef de l’Etat. Certains ministres, connus pour leur sens du patriotisme, sont en place depuis 2011, leurs actions sont minutieusement suivies à la fois par le président de la République et le chef du gouvernement. Le népotisme est loin de la sphère politico-administrative. Ce qui fait que la Première dame, Dominique Ouattara, s’est toujours tenue éloignée des affaires administratives et politiques de la Côte d’Ivoire. Il en est de même pour les membres directs de la famille du président de la République.

Cette politique, qualifiée d’austère par bon nombre de ses concitoyens, a permis à Alassane Ouattara de réaliser une grande partie de ses engagements vis-à-vis de ses compatriotes. La Côte d’Ivoire qui avait perdu sa place de pionnier économique de l’Afrique de l’Ouest, retrouve des couleurs. Première puissance économique de l’Union monétaire ouest africaine, le pays d’Houphouët Boigny vient en troisième place, après le Nigeria et le Ghana en matière de développement.

Un bémol tout de même dans cette belle avancée économique, administrative et politique de la Côte d’Ivoire : les Ivoiriens reprochent à leur président ses accointances trop prononcées avec l’ancienne puissance coloniale, la France. Cette même critique est aussi émise par plusieurs populations de l’Afrique de l’Ouest. Il est reproché au président ivoirien d’être le prolongement de la politique française en Afrique francophone. Il passe pour être l’homme lige des politiques françaises. La crise actuelle au Sahel et principalement au Mali, qui subit des sanctions de la CEDEAO, porterait l’imprimatur d’Alassane Ouattara.

Ce lundi, les militaires Burkinabè ont déposé Roch Marc Christian Kaboré. La CEDEAO vient de perdre l’un de ses membres influents. Alassane Ouattara, malgré quelques réalisations chez lui, et face à son incapacité de réconcilier les Ivoiriens entre-eux, doit se poser certaines questions au regard des évènements au Mali, en Guinée et au Burkina-Faso.

Comme quoi, les infrastructures c’est bien ; mais promouvoir les valeurs de paix, de respect des droits de l’homme dans son pays, c’est mieux.

Brandy MAMBOUNDOU

Article du 24 janvier 2022 - 11:51pm

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