Gabon : la classe politique ne rassure personne .

Par Brandy MAMBOUNDOU / 03 nov 2021 / 0 commentaire(s)
Barro Chambrier est le seul opposant actuellement sur le terrain.

Sur le terrain, on a vu s’activer les PDGistes au mois d’août pour les comptes-rendus parlementaires. Peu représentée au Parlement, l’opposition a tout de même fait entendre sa voix par Alexandre Barro Chambrier, qui a fait le tour du Gabon. Mais en définitive, le vide persiste ; les populations se sentant toujours abandonnées…

Face à la détresse des populations, que peut vraiment faire l’opposition ? Quand les Gabonais manquent de nourriture dans leurs assiettes ; des parents n’ont pas de quoi payer les fournitures scolaires de leurs enfants ; l’absence de routes enclave des villages comme Popa ; l’électricité est une denrée rare à Mbigou ; des toitures laissent couler l’eau en saison de pluie ; que rien ne marche, comme c’est le cas au Gabon, l’opposition doit se mobiliser pour parler des problèmes des populations et resserre ses rangs pour se présenter comme une alternative crédible à l’impéritie du régime au pouvoir.

Seuls les détenteurs des moyens de l’Etat peuvent agir rapidement et convenablement pour alléger les souffrances des populations. L’opposition, dépourvue de ressources, ne peut construire routes, écoles, hôpitaux, barrages électriques ou hydroélectriques… Les populations ne peuvent donc pas reprocher aux opposants de ne pas venir à leur secours lorsqu’elles sont en détresse, de ne pas suffisamment critiquer le régime au pouvoir afin que celui-ci résolve leurs problèmes. Or, justement, l’opposition ne semble être absente du terrain. La faute à qui ?

Au mois d’août, les parlementaires du Pati démocratique gabonais (PDG) ont sillonné le pays pour rendre des comptes à leurs électeurs. Dodo Bounguendza, secrétaire général du parti des Bongo, a donc pu être satisfait de la présence de « ses » députés sur le terrain. Les pages de L’Union étaient remplies d’articles sur les comptes rendus parlementaires de tels ou tels députés. Ceux de Les Démocrates de Guy Nzouba Ndama à Tchibanga ont associé les PDGistes à l’action caritative qu’ils ont organisée en faveur des pharmacies. Ils y ont offert des lots de médicaments au profit des populations nynoises.

Pourquoi les opposants ne sont-ils pas sur le terrain ? Pour la simple raison qu’ils n’ont pas d’élus parlementaires. Et sans ces derniers, les partis politiques manquent de trésor de guerre. En 2018, Jean Ping et Jean Eyeghe Ndong ont couvert d’opprobre tous les opposants qui participaient aux élections législatives et locales couplées.

Conséquence, les candidats de l’Union nationale, de Les Démocrates et du Rassemblement Héritage et Modernité n’ayant pas eu le soutien de Ping, ont bu la tasse malheureusement. C’est donc en partie à cause de Jean Ping et Jean Eyeghe Ndong que l’opposition n’a pas de députés et de sénateurs, et ne peut donc se déployer sur le terrain. A moins que les opposants ayant transité par le PDG sortent leur pactole… Et c’est ce que fait à sa juste mesure Barro Chambrier, qui parcourt le Gabon sans être détenteur d’un mandat électif national.

Eyeghe Ndong, l'un des radicaux, contre la non participation de l'opposition aux élections locales et législatives.

A la vérité, l’opposition ne peut être financièrement présente sur le terrain tout au long du mandat présidentiel, qui est de sept ans. Ses membres s’essouffleraient rapidement. De plus, des jeunes acteurs politiques, comme Jean Gaspard Ntoutoume Ayi et autres, ne peuvent pas faire le tour du Gabon. Leur terrain de prédilection est donc le discours, par les propositions et les dénonciations constructives.

A l’opposé, si les membres du parti présidentiel sont effectivement sur le terrain, ce sont les mêmes PDGistes qui privent les Gabonais d’un véritable Etat. Car les routes, les écoles et les hôpitaux, c’est bien l’Etat qui les construit. Or, il se trouve malheureusement que la présence des PDGistes sur le terrain fait diversion à la perte de l’Etat dont ils sont à l’origine. Ils font donc du bruit et vendent du vent, parce qu’ils ont vidé l’Etat de son sang.

Mais jusqu’à quand cela va-t-il durer, s’interrogent les populations, qui ne voient pas l’avenir en confiance avec Ali Bongo, comme le clamait l’un de ses slogans finalement creux lors de son accession à la magistrature suprême en 2009…  

Dess Bombe

Article du 3 novembre 2021 - 10:23am

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