Insécurité : Les enseignants du supérieur vont porter plainte pour tortures sur l’un d’eux .

Par Brandy MAMBOUNDOU / 29 juin 2021 / 0 commentaire(s)
Les membres du Snec dénoncent les entraves aux libertés syndicales sur fond d'insécurité.

Réunis en assemblée générale ce 29 juin à l’Université Omar Bongo (UOB), pour arrêter la conduite à tenir après que un des leurs a été enlevé chez lui puis torturé dans la nuit du 28 au 29 juin, les membres du Syndicat national des enseignants-chercheurs (Snec) ont décidé de porter plainte contre X, afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire qui met en émoi le monde universitaire, déjà en grève depuis deux semaines.

L’enseignant-chercheur kidnappé et torturé n’est autre que le président de la section UOB du Snec, le Pr Mathurin Ovono Ebè. C’est la seconde fois que ce chargé des cours au département des études ibériques est victime d’une mésaventure du genre. Traumatisé, il n’a pas pu prendre part à l’assemblée générale, où il devait raconter son infortune dans les détails.

L’on sait cependant, grâce à ses collègues qui sont allés le réconforter et au président du Snec, Jean Rémy Yama, qu’il a été cueilli, menotté et jeté dans un bus par des personnes encagoulées. Pour obtenir sa docilité, elles lui ont mis un revolver sur une tempe. Par la suite, Mathurin Ovono Ebè a été embarqué dans une camionnette. Il ignore dans quelle direction il a été conduit. Il sait néanmoins qu’il y pleuvait abondamment.

Ce détail a permis au président du Snec de supposer qu’il s’agit du nord de Libreville. En effet, un orage s’est déclaré dans cette partie de la capitale dans la nuit du 28 au 29 juin. De plus, la facilité avec laquelle les kidnappeurs franchissaient les barrages liés au couvre-feu porte les enseignants à croire qu’il s’agissait d’agents des forces de l’ordre.

Le président du Snec-UOB n’a été relâché qu’aux environs de minuit. Son interrogatoire musclé aura duré sensiblement quatre pénibles heures. Pour l’empêcher d’alerter les siens, ses deux téléphones ont été mis hors d’usage. Ses tortionnaires voulaient savoir quelle main noire l’actionne. Le syndicaliste n’est pas connu pour avoir des fréquentations en dehors des milieux universitaire et syndical.

« Nous sommes en grève et nous revendiquons nos droits. Les enseignants et chercheurs se réservent le droit de poser d'autres actes comme celui que nous venons de poser symboliquement, c’est-à-dire être sur la voie publique pendant dix minutes », a pesté Jean Rémy Yama, qui a dénoncé les entraves aux libertés syndicales. Le combat se poursuivra au tribunal dans les tout prochains jours.

Nicolas NDONG ESSONO

 

Article du 29 juin 2021 - 8:00pm

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