Mairie de Libreville : Cette affaire de détournement en cache-t-elle d’autres ?

Par Dess BOMBE / 21 mai 2021 / 0 commentaire(s)
La mairie de Libreville est en train de se tailler une réputation sulfureuse.

Accusé d’avoir payé près de 338 millions de FCFA à une société de curage des caniveaux alors que le service n’a pas été réalisé, le maire de Libreville, Eugène Mba, dément le détournement. Cette affaire, qui ternit davantage l’image de l’Hôtel de ville de la capitale qui passerait pour un repaire de bandits, l’ancien maire Léandre Nzué croupissant en prison « pour détournement de fonds », pourrait en cacher d’autres.

L’information selon laquelle la mairie de Libreville a décaissé la somme de 337 936 304 FCFA au profit de l’entreprise Jeta Groupe a été diffusée par un journal en ligne puis a été reprise par d’autres sites. Comme il faut s’y attendre désormais, les réseaux sociaux se sont emballés. Après quelques jours d’un silence qui commençait à laisser les Librevillois songeurs, la mairie a publié un communiqué de presse de démenti, dans lequel elle dénonce des « allégations légères et propos mensongers de nature à semer la confusion et le trouble ».

Vérification faite, aucun décaissement n’a encore été fait. Pourquoi, alors, ces accusations de détournement ? En plus d’assurer une certaine visibilité à son occupant, le poste de maire de la capitale gabonaise a la réputation d’être extrêmement juteux. Il suscite donc la convoitise. Le choix, par le camp détenant la majorité des conseillers municipaux, de la personne à positionner doit relever, de ce fait, d’un exercice de grande minutie. A peine cent jours après son élection, Eugène Mba ne ferait-il plus l’affaire ? Se révèle-t-il, finalement, être une autre erreur de casting ?

Egalement militant du Parti démocratique gabonais (PDG), Eugène Mba a succédé à Léandre Nzué, placé en détention préventive depuis septembre 2020 pour des faits de détournement de fonds publics, de concussion et de corruption. Comme son prédécesseur, il est originaire du 2e arrondissement et de l’ethnie fang. Une règle non écrite veut que le maire de Libreville sorte de cette communauté ou de la communauté mpongwé, les deux ethnies autochtones. Le dernier mandat était détenu par les Mpongwé, en la personne de l’actuelle Première ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda.

Cette affaire de détournement à la mairie de Libreville ternit davantage l’image de l’institution, qui apparaît comme un repaire de gens de moralité douteuse. Le choix de la personne qui devait assurer l’intérim de Léandre Nzué avait fait débat. Le PDG avait jeté son dévolu sur Serge William Akassaga dont on sait qu’il fut condamné, certes avec sursis, pour avoir porté des coups en public à un agent dans l’exercice de ses missions. Mais du temps où il était maire du 3e arrondissement sous les couleurs du Cercle des libéraux réformateurs, le parti de Jean Boniface Assélé, il n’avait pas déjà bonne presse.

Qui a intérêt à ce que la mairie de la première ville du Gabon ait une réputation sulfureuse, même si les édiles de la capitale n’ont pas le monopole de la distraction des deniers publics ?

 

Brandy MAMBOUNDOU

Article du 21 mai 2021 - 9:43am

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