Descente aux enfers du Gabon : l’indignation de Germain Ngoyo Moussavou Bikoko

Par Brandy MAMBOUNDOU / 12 jan 2022 / 0 commentaire(s)
Germain Ngoyo Moussavou Bikoko montre la lune...

Ce retraité de l’administration publique, revenu à ses premiers amours en créant son propre journal en ligne, a pondu un éditorial pour interpeller « les nouvelles éminences du régime (…) à régler avec responsabilité tous les problèmes de fond qui bloquent (le) fonctionnement harmonieux » de notre pays.

Il l’a fait ! il a osé ! il a dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas dans le PDG et dans les sphères du pouvoir ! il a apporté du baume au cœur des Gabonais complètement hébétés par le silence des parlementaires face à leur détresse ; il a mis le doigt sur un problème réel ; il a relayé une inquiétude générale ; il est le grand défenseur de la liberté de dire ce que l’on pense…Les mots, les phrases et les superlatifs ne manquent pas pour qualifier l’historique sortie de Germain Ngoyo Moussavou Bikoko, samedi dernier sur internet. De quoi s’agit-il ?

Germain Ngoyo Moussavou Bikoko ! Germain Ngoyo Moussavou Bikoko ! Ce nom parle à plusieurs générations de Gabonais. Journaliste de « L’Union » révélé au public lors « Des Dossiers de la RTG » dans les années 80 sous Omar Bongo, cet originaire de la Nyanga posait aux membres du gouvernement des questions « très osées » à l’époque du parti unique. Cet activiste influent du courant du PDG « Les Rénovateurs » - un groupuscule de jeunes qui voulait changer le Gabon, cornaqué par Ali Bongo – a été tour à tour directeur de publication de « L’Union », président du groupe parlementaire du PDG au Sénat, ambassadeur du Gabon en France... Ce n’est donc pas n’importe qui. Il est l’une des mémoires vivantes de notre pays. Il sait donc de quoi il parle et dans un autre pays plus sérieux, ses propros devraient être analysés pour une action corrective. 

Qu’a-t-il donc dit ? En puisant dans la sagesse ancestrale de sa Nyanga natale et de la morale autour du scandale du Watergate qui a emporté le président américain de l’époque, Richard Nixon, il en déduit l’urgence de se dépêcher de régler une petite chose « sinon elle grossira et un jour, elle pourra vous détruire », avertit cet ancien collaborateur d’Omar Bongo. Il s’inquiète donc du climat explosif dans son pays. « Il faut arrêter, pointe-t-il, avec la politique de l'autruche. Le Gabon est confronté à un profond malaise et il y a urgence à régler avec responsabilité tous les problèmes de fond qui bloquent son fonctionnement harmonieux ».

Plus loin, précise-t-il « le risque de voir monter en flèche les tensions sociales et autres mouvements catégoriels, est une hypothèse crédible. Les syndicats sont toujours vent debout et le gouvernement, accablé de reproches, n'apparaît pas au rendez-vous du dialogue social pour trouver des compromis apaisants. Son action est quotidiennement questionnée par une opinion publique lassée par la minceur des résultats. Quand elle ne dénonce pas les inégalités et les injustices dans la répartition équitable des ressources du budget national, qui profite encore trop à une minorité de privilégiés ». Voilà qui est dit !

Au scanner des résolutions de ces problèmes par les tenants du pouvoir actuels, Germain Ngoyo Moussavou Bikoko constate pour le regretter que « les réponses données aux différentes revendications sectorielles apparaissent comme frisant l'arrogance ». Il conseille que « valoriser l'affrontement permanent tous azimuts n'est pas une stratégie tenable à long terme, face à une population remontée, frustrée et découragée par la montée des prix des denrées de première nécessité et un chômage endémique ». 

A la suite de cette sortie, bon nombre de Pdgites - transis jusque-là par la peur, parce que traumatisés par la violence qui a cours au Gabon depuis 2009 - saluent le courage de Germain Ngoyo Moussavou Bikoko. Toutefois, fait observer un militant de l’opposition « les Ngoyo Moussavou n’ont cessé de défendre les hommes, les Bongo de père en fils pour la pérennité du système qui les nourrit et les gave de privilèges. Oubliant que la bonne gouvernance et la démocratie protègent tout le monde. Après cette sortie, il doit s’attendre à ce que le système Bongo-PDG, qui n’admet pas la critique, démontre ce qu’il sait faire le plus : l’affamer, le harceler, inventer des choses contre lui, le détruire ». Vous doutez ?

Dess BOMBE

Article du 12 janvier 2022 - 12:29pm

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