Gabon : Témoignage poignant de Jacques Litona Loumbi à la suite du décès de John Joseph Mbourou

Par Brandy MAMBOUNDOU / 08 sep 2021 / 0 commentaire(s)
John-Joseph-Mbourou de son vivant.

Samedi dernier, ce confrère émérite, passé par Africa N°1, RTG 1…, rendait l’âme à la Polyclinique Chambrier de Libreville. Face à ce douloureux évènement, un autre monument du journalisme dans notre pays évoque sa mémoire dans le texte ci-après. Lecture !

Sans doute ce trait est-il propre à beaucoup, si ce n'est à tous ceux qui ont franchi la limite de l'être individuel : en Afrique on célèbre les morts. Encore n'est-ce pas aujourd’hui que les auditeurs de la radio apprennent qui était John Joseph Mbourou. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre ou peu s'en faut, et dans les foyers gabonais, un ou plusieurs récepteurs d'ondes ont capté sa voix. Tourner le bouton de la radio ou de la télévision était un geste familier qui rapprochait du journaliste qu’il était.

La période que j'ai vécue avec John Joseph est celle de mon apprentissage au métier de journaliste sur le terrain après les études entre quatre murs. Je ne le connaissais pas à mon arrivée à Radio Gabon en 1975. Sa présence se caractérisait par sa carrure imposante, et il était reconnaissable à sa voix grave ; sa différence était son absence de préjugés entre ses collaborateurs habituels et le nouveau venu que j'étais. Je n'en ai pas profité longtemps hélas ! Il a pris un autre itinéraire, car il est parti à Bordeaux puis il a servi à la radio Africa n°1. Bien mieux cependant nous sommes devenus familiers, le jeune que j'étais alors ayant toujours cherché l'initiation auprès de ce vieux camarade.

Son exemple a forgé mon esprit professionnel. Aussi naturellement l'ai-je reconnu comme un entraîneur d'hommes au sein des animateurs de la célèbre émission LES DOSSIERS DE LA RTG en 1985 où j'ai fait mes classes de vedette du spectacle de l'information. C'est l'occasion de me réjouir d'évoquer ces anciens souvenirs de John Joseph en soulignant que beaucoup de journalistes lui doivent le meilleur d'eux-mêmes. Il en a fait ce qui sont fiers de l'être en les façonnant dans la profondeur de leur prise de conscience et leur engagement à œuvrer pour faire savoir ce qui se passe aux auditeurs de la RTG et d'Africa n°1. C'était au temps fort de ces médias. Nous avons puisé dans son inspiration et ses analyses. Grâce à John Joseph Mbourou des garçons et des filles ont communié dans les mêmes émotions du journalisme pour donner à notre métier toute sa force et sa puissance, en débordant d'enthousiasme et de confiance.

Je rends hommage à la mémoire de ce pionnier de la presse gabonaise qui nous quitte au moment où l'on a grand besoin de lui. Utilisons les leçons que cette disparition comporte. Comme le disait René Maran dans Batouala : "Lorsque le tam-tam se tut, une lourde attente pesa, qui ne dura pas longtemps. Car tout autour de lui, très loin, très loin, comme à son premier appel, la conversation reprenait sur des tam-tams qu'on ne voyait pas." Puissions-nous entendre l'écho de la voix de John Joseph Mbourou.

Jacques Litona Loumbi

Article du 8 septembre 2021 - 9:53am

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