Pénalisé par les sanctions de la CEDEAO et de l’UMOA Le Mali sera-t-il contraint de créer sa monnaie ?

Par Brandy MAMBOUNDOU / 21 jan 2022 / 0 commentaire(s)
Le Mali pourrait battre sa propre monnaie.

Lourdement sanctionné par les pays de la Communauté économique des Etat d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et l’Union monétaire ouest africain (UMOA), le Mali est plus que jamais isolé au sein de la sous-région et risque de se retrouver à tout moment, à court de liquidités. Ce qui engendrerait alors une situation difficile et rapidement conduire à l’asphyxie économique du pays. Seule issue en ce moment : créer sa propre monnaie.

Pour parer à cette situation, Assimi Goita et son gouvernement auraient décidé de créer le «Wari» (argent en bambara), une nouvelle monnaie locale qui devrait remplacer le franc CFA. La création de cette nouvelle monnaie sera suivie de l’adoption du bambara comme langue nationale et de l’anglais qui deviendrait la langue officielle à moyen terme, comme s’y était pris le Rwanda de Paul Kagamé. En gros, le flegmatique officier, président de la Transition au Mali, qui sait que la France ne s’intéresse à des pays comme le Mali que pour leurs ressources, aurait décidé de couper les amarres avec l’ancienne puissance coloniale de manière doucereuse et unilatéralement. Si entre-temps, Paris se ravise et revient à de meilleurs sentiments, le pouvoir malien pourrait aussi réviser sa position. Mais si, a contrario, Macron continue à jouer au petit sorcier blanc en essayant de diviser les Africains pour mieux asseoir son économie moribonde, la France serait placée devant les faits accomplis.

Selon une économiste malienne, Fatimata « La France ne devrait plus continuellement brandir ses menaces pour faire avaler au Mali les couleuvres aux pays africains ». Pour elle, « le temps des menaces est bien passé, une autre génération d’Africains étant aujourd’hui aux commandes des destinées du continent. L’ex-puissance coloniale doit s’y faire ». Et d’ajouter : « Après tout, la France nous a suffisamment pompés des siècles durant, il est donc temps pour les Bambaras d’essayer avec les autres ».

Tout le problème aujourd’hui au Mali est d’arriver à contourner les sanctions de la CEDEAO et de l’UMOA. Et pour cela, il faudrait bien se tourner vers d’autres partenaires qui ne sont d’autres que les Russes et les Chinois pour ce qui est de la sécurité du territoire. La Mauritanie, l’Algérie et de la Guinée pourraient servir de voie d’accès aux ports pour les transactions commerciales.

Une éventuelle rupture du Mali avec la France ne serait point une bonne nouvelle pour le pays de De Gaulle. Plusieurs pays de son giron n’hésiteraient pas à franchir le Rubicon. L’adhésion du Rwanda au Commonwealth ayant déjà montré la porte de sortie à d’autres pays francophones qui ne tarderont certainement pas à suivre.

Ces ruptures du cordon ombilical des pays africains francophones affaibliraient considérablement le pays de Marianne.

Dess BOMBE 

Article du 21 janvier 2022 - 9:13pm

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