Tchiza VS Maitresse !

Par Brandy MAMBOUNDOU / 21 sep 2022 / 0 commentaire(s)

 

Bonjour mes bienheureux, c’est encore moi. Je vous viens avec un sujet qui a animé nos conversations de femmes cette semaine. Nous reparlions en équipe de la fameuse vidéo qui a défrayé la chronique il y a environ deux mois. Dans ladite vidéo, l’on peut voir une tchiza ou une maitresse malmenée par la titulaire et ses sœurs. Impossible pour nous de savoir s’il s’agissait d’une tchiza ou d’une maitresse.

Qu’est-ce qu’est qu’une tchiza et qu’est-ce qu’une maitresse ? Pourquoi sommes-nous passés d’une époque de maîtresses à une époque de tchiza ?

Dans nos coutumes il n’y avait pas le mariage à la mairie. La dot symbolisait l’assise d’un engagement clair et assumé aux yeux de tous. Mais il était toléré qu’un homme aille voir ailleurs, qu’il ait des aventures et des idylles. Mais quand les anciens disent que quand on voit un homme sortir de la case d’une femme ou l’inverse pendant 5 jours, les autres hommes devaient savoir que la relation devenait sérieuse et il fallait éviter de draguer cette femme impliquée. Voir des gens à la rivière, ou un homme s’engager à faire des travaux champêtres d’abattage d’arbre reflétait aussi un engagement sérieux. Même sans dot on appelait déjà la dame ‘’ la femme de…’’ ou la seconde ou énième femme de...

Les deux amants pouvaient même aller jusqu’à avoir des enfants sans reconnaissance devant les familles mais on savait que l’homme gérait plusieurs maisons.

Quand les missionnaires arrivent, ils inculquent le fait de n’avoir qu’une seule femme aux yeux de Dieu mais acceptent le principe de la possibilité d’avoir d’autres femmes non reconnues, c’est la chair qui est faible. D’où la prolifération du phénomène d’échelle et de superposition entre la femme mariée et les autres femmes et leurs enfants.

D’aussi loin que je me souvienne, à notre époque, la maitresse était une rivale directe de la femme mariée, elle était dans l’antichambre de la reconnaissance de sa place de énième épouse. La maitresse autrefois appelée ‘’bureau’’, était souvent redoutable car elle tenait l’homme aux bons endroits. Elle rompait sa routine et ses mises à jour étaient dangereuses tant elle était à la page de tout. La femme mariée était à cette époque-là dans une forme d’obsolescence, à la limite d’une amie d’antan. C’est donc la maitresse que redonnait du goût à la vie du monsieur. C’était une geisha à l’africaine, son devoir était de tout faire mieux que la femme, cuisine, habillement, classe, beauté, voiture, maison. Et l’homme se sentait rehaussé.

Quand ta parente était la maîtresse d’un baron, ça voulait dire que c’était le talon d’Achille du monsieur, vous pouviez bénéficier des largesses de ce monsieur comme des bourses, logements, voitures, emplois. Quand la tata demandait de remettre le dossier et que le soir elle le lui remettrait en mains propres…. Là c’était fort hein!!! Après Dieu sur la terre des vivants, la tata prenait ses parts d’influence dans la famille! 

Chaque famille gabonaise a au moins connu et bénéficié de ce système. Seulement, la maîtresse était une usufruitière restreinte car elle ne bénéficiait réellement du Monsieur que du vivant de leur relation. En effet, il est arrivé de voir que la fin d’une relation marquait le déménagement de la maîtresse. Bref, ce statut s’est déprécié concomitamment à la dépréciation économique et politique. La valeur de la femme aussi s’est lourdement dépréciée.

L’exemple de la femme de ménage.

Dans les années 1990, les familles aisées avaient une femme de ménage en permanence à la maison. Les classes moyennes en avaient une qui venait le matin et repartait en milieu d’après-midi. Aujourd’hui, on le voit bien, à défaut d’avoir une femme de ménage on va chercher non plus la relation intégrée mais la prestation de type repassage ou uniquement 2h de ménage par jour ou tous les 2 jours. La femme de ménage de son côté, pour pouvoir vivre décemment va contractualiser avec plusieurs patrons. Et cela ne pose pas de problèmes aux autres puisque aucun ne veut ou ne peut l’avoir à temps plein ni à temps partiel. Chaque patron veut simplement que sa prestation soit faite et très bien faite sinon une autre la remplace.

Et c’est là, la grande différence entre une tchiza et une maîtresse. La maîtresse avec son statut reconnu et assumé était officiellement dédiée à un seul homme qui était aussi son bienfaiteur et celui de sa famille, c’était le social à la gabonaise… Mais la tchiza n’a pas cette rigueur-là. Elle est dans l’antichambre de la prostitution masquée. Ce qui l’intéresse n’est pas la stabilité c’est le gain; c’est son intérêt matériel et financier pas la fidélisation et encore moins la rétention du client. Son point fort est purement sexuel, c’est donc un échange de bon procédé de lui donner son dû. Tant pis pour toi si tu tombes amoureux d’une tchiza, tant pis !

La tchiza est dotée d’une plus grande liberté sexuelle que la maîtresse d‘antan et elle assume sa gestion des ressources humaines. La maîtresse qu’elle eusse été attitrée ou pas portait la marque de l’exclusivité de son homme. Ce n’est plus le cas de la tchiza, qui remet au gout du jour l’expression de’’ fille de joie’’.

L’artiste Shan’L pouvait dire que c’est elle qui a lancé le concept. Dans les faits nous constatons que la tchiza est ‘’le ‘’dégriffé’’ de la maîtresse en termes de reconnaissance sociale et de respectabilité. Par exemple, elle ne sera pas entourée si l’un de ses ‘’bizz’’ venait à mourir, personne ne la considère vraiment. Elle est un puits de plaisir où dès le début les deux hédonistes s’accordent sur un contrat social sexuel avec une clause de non-exclusivité puisque tout le monde se cherche à l’heure actuelle. Souhaitons-leur donc de se trouver au bout du compte…

Et vous que pouvez-vous ajouter comme éléments de comparaison?

Labienheureuse Du Terroir 

 

Article du 21 septembre 2022 - 12:43pm

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