Centre des libéraux réformateurs : Le parricide évité

Par Brandy MAMBOUNDOU / 17 mar 2022 / 0 commentaire(s)
Passation des charges entre Jean Claude Ivala Boussamba (à droite) et Pascal Boileau Obiang Ondo.

La passation des charges entre les secrétaires généraux, le sortant, Jean Claude Ivala Boussamba et l’entrant Pascal Boileau Obiang Ondo, a définitivement clos la crise née de la non-observation de certaines règles du parti, selon son président fondateur Jean Boniface Assélé.

Le Centre des libéraux réformateurs semble retrouver la sérénité dans ses rangs. Le général Jean Boniface Assélé, président de cette formation politique de la Majorité républicaine et sociale pour l’émergence, vient de procéder, depuis le 28 février, à la nomination de la nouvelle hiérarchie du parti. Pour aller vite, le 10 mars, le directeur de cabinet du président, Delmond Ngayis Junior Otounga a présidé la cérémonie de passation des charges entre Jean Claude Ivala Boussamba et Pascal Boileau Obiang Ondo à la tête du secrétariat général.

Cette action vient donc de mettre fin au bras de fer engagé entre Jean Boniface Assélé et sa fille Nicole Assélé, nommée déléguée générale de cette formation politique, à la faveur d’un congrès extraordinaire tenu en septembre 2019. Plusieurs dissensions n’ont pas manqué de faire jour dès l’avènement du docteur Nicole Assélé dans la conduite des actions politiques du parti. Le CLR s’est plutôt retrouvé divisé en clans antagonistes, entre les nouveaux arrivés ou les « revenus » et ceux qui ont « fait du CLR leur seconde religion » (dixit Jean Boniface Assélé). Ce qui n’a pas été du goût de son fondateur, qui a vite fait, dans un premier temps, de rappeler la déléguée générale à l’ordre. Et devant les faits continuellement divisionnistes, il n’avait d’autre choix que de reprendre la gouvernance totale du parti. Et devant la défiance de la déléguée générale à ne pas suivre les décisions du président-fondateur, d’être exclue du parti. Ce qui a créé un climat de belligérance entre le père et la fille pour le contrôle des affaires de cette formation politique qui se cherche une âme aujourd’hui.

Certes, ce retour « aux fondamentaux » n’aura pas l’heur de plaire à tous les militants, d’autant plus que ceux qui ont adhéré au parti avec l’avènement de Nicole Assélé s’estiment trahis. Car pour eux, leur présence dans les rangs du Centre des libéraux réformateurs avait pour caution Nicole Assélé. Si celle-ci n’est plus aux commandes des affaires du parti, leur présence ne se justifie plus. D’où les quelques remous observés actuellement.

Dans l’ensemble, c’est plutôt un soulagement observé par plusieurs militants, qui assuraient ne plus reconnaître leur formation politique. Ils ne cachent pas leur satisfaction quant à la reprise en main des activités du CLR par son président-fondateur. Pour le plus grand nombre : « Le président-fondateur Jean Boniface Assélé devrait tout mettre en œuvre pour relancer au plus vite les activités du parti, qui est aujourd’hui à la croisée des chemins. Actuellement, tous les partis politiques sont sur le terrain, il n’y a que le CLR qui s’est livré à une querelle de clochers au détriment des actions sur le terrain », ont admis le délégué d’un arrondissement de la commune de Libreville et un nouveau membre du directoire.

La fin de cette lutte d’influence a eu le mérite de relever le degré de fidélité des militants. Car, dans ce climat de lutte de positionnement, les militants, malgré leur état de frustration par certains accompagnateurs de Nicole Assélé, sont restés fidèles au parti et principalement à son président-fondateur. « Pour nous, l’exclusion de Mme Nicole Assélé du parti n’est qu’une formalité administrative. Personne ne peut séparer la fille de son père. Nous aurons beaucoup de choses à faire ensemble. Nicole Assélé est chez elle, personne ne peut lui refuser ce droit. L’essentiel est qu’elle comprenne, comme l’a relevé le président-fondateur, que le parti n’est pas une affaire de famille », ont noté des militants originaires du Haut-Ogooué. Finalement, « Tout est bien qui finit bien », comme disait William Shakespeare. Mais pour combien de temps face…à l’appétit au franc électoral de Jean Boniface et Nicole Assélé ?

Nicolas NDONG ESSONO

Article du 17 mars 2022 - 12:01am

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