Sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA : les Maliens font bloc derrière le président Assimi Goita

Par Nicolas NDONG ESSONO / 12 jan 2022 / 0 commentaire(s)
Le président de la transition a le soutien des Maliens.

A Bamako, les déclarations de soutien se multiplient en faveur du chef de la transition et son gouvernement. Notamment les syndicats, les partis politiques, les mouvements et associations des femmes, mais également des institutions financières et faîtières exerçant dans le domaine du commerce import-export. Tous ont décidé de s’afficher derrière les autorités de la transition.

Le Conseil économique, social et culturel (CESC) s'est dit préoccupé par la posture adoptée par la communauté internationale vis-à-vis de la République du Mali. C’est pourquoi, son Vice-président en la personne d’Amadou Sanoussi Dafé a affirmé que « Les sanctions sont loin d’être la meilleure des alternatives. Nous voudrions les inviter à revoir leur grille de lecture ».

A son tour, l'Union Nationale des Chambres Consulaires du Mali a dans un communiqué publié dans la soirée du lundi 10 janvier 2022, rassuré la population malienne que le marché est suffisamment approvisionné en produits de première nécessité. Tout en invitant les opérateurs économiques à prendre toutes les mesures nécessaires en vue de l'approvisionnement régulier à partir des autres corridors qui sont ouverts.

Des femmes s’organisent contre la CEDEAO

Le consortium des femmes du Mali, « constate avec une grande préoccupation les sanctions prononcées contre le Mali lors des deux sommets extraordinaires de l’UEMOA et de la CEDEAO tenus à Accra (République du Ghana) le dimanche 9 janvier 2022 et la réaction du gouvernement du Mali qui en a découlé », peut-on lire dans son communiqué rendu public lundi soir.

Le colonel Assimi Goita prend la parole

Dans une adresse le lundi 10 janvier 2022, à la nation malienne, le chef de l’Etat a demandé à ses compatriotes de rester calme et serein face aux enjeux : « je vous demande de rester calmes et sereins, car nous avons fait le choix d’être sincère afin de prendre notre destin en main en forgeant notre propre voie. Gardons à l’esprit que le chemin qui mène au bonheur est une voie dure et très dure. Toutefois, avec courage et dévouement nous allons y arriver. Telle est l’essence de notre hymne national », a laissé entendre, le colonel Assimi Goita. Et de poursuivre que « nul besoin de procéder à des actions de violences cela n’a jamais caractérisé les Maliens que nous sommes ».

Soutiens des autorités guinéennes

Le premier pays a apporté son soutien au Mali est la République sœur de la guinée dirigée par le colonel Mamady Doumbouya. Ce pays n’ayant pas été associé aux décisions prises à Accra n’a pas manqué de réitérer son soutien indéfectible au peuple malien : « les frontières terrestres, aériennes et maritimes de la Guinée resteront ouvertes au Mali », ont souligné les autorités guinéennes dans une vidéo diffusée sur l’ORTM, la chaîne d’Etat du Mali. Le deuxième n’est d’autre que la République populaire d’Algérie. Ce Maghrébin qui partage une frontière commune avec le Mali au nord-nord-est a réaffirmé sa plaine disponibilité à soutenir l’ancien empire de Mari Diata Konaté.

La société civile s’agite et soutien les autorités de la transition malienne

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Une rue de Bamako ce mardi 11 janvier 2022.

Kaou Traoré, photographe de son état dira que les sanctions prises par la CEDEAO (Communauté Economique des Etats et de l’Afrique de l’Ouest) et de l’UEMOA (Union économique et monétaire Ouest Africaine) sont excessives. « Ces sanctions de la CEDEAO contre le Mali sont dures. Et surtout dans la situation dans laquelle se trouve notre pays. Il faut reconnaître qu’étant donné qu’on est déjà dans une crise et rajouté une autre crise, c’est insupportable. Mais nous allons nous en sortir en se donnant la main entre les enfants du Mali. On peut se prendre en charge sans eux, cela est possible si on travaille. », a-t-il dénoncé.

« Que la CEDEAO sache que le Mali appartient aux Maliens. Je ne dirais pas que les sanctions n’ont pas d’impacts sur nous ; mais elles impacteront également ces pays de la CEDEAO. Prenons le cas de la Côte d’Ivoire qui fait frontière avec nous ; la majeure partie de leurs produits tels que la banane, « ALOCO » sont vendus au Mali. Si on ferme les frontières, leurs produits vont pourrir chez eux, c’est un manque à gagner important », et d’ajouter que « nous avons besoin aujourd’hui des hommes qui puissent sortir le Mali de ce gouffre ». Pour lui, depuis des années, il y a des tueries atroces, la CEDEAO a fait quoi ? Même les villages ont été effacés de la carte du Mali, les femmes enceintes éventrées, les nourrissons brûlés vifs, qu’est-ce que la CEDEAO a fait pour éviter ces horreurs ? « Ceux qui sont présentement au pouvoir sont là pour sécuriser la population, pour réconcilier les Maliens. Que la paix revienne au Mali et qu’ils reviennent chez eux. Si ce sont les cinq (5) ans qui font l’affaire des Maliens, quel est le problème de la CEDEAO dans ce cas ? », s’est offusqué Tidiany Bamadio, de la société civile malienne.

Assimi Goita ordonne la fermeture des frontières terrestres et aériennes aux pays de la CEDEAO

Dans son communiqué, Madame Dembélé Madina Sissoko, ministre des Transports et des infrastructures a signalé que cette mesure est prise conformément aux instructions du gouvernement de la République du Mali, en réponse aux sanctions prononcées contre ce pays par la CEDEAO et l'UEMOA à l'issue des sommets extraordinaires du 9 janvier 2022.

« Je vous informe que les vols des compagnies non CEDEAO continueront à desservir les aéroports du Mali. Cependant, quelques perturbations pourront être observées pour ces compagnies aériennes qui rentrent par les pays de la CEDEAO pour des raisons techniques d'organisation des routes aériennes. C'est le cas des vols d'Air France d'aujourd'hui. Je vous assure que toutes les dispositions sont prises pour traiter les passagers et les aéronefs conformément aux instructions des plus hautes autorités. Je vous invite à ne pas céder aux tentatives de désinformation qui n'ont d'autres buts que de saper l'esprit des populations et de ternir l'image de notre pays. Je répète que les vols d'Air France à destination du Mali ne sont pas suspendus, surtout les vols sur l'axe Paris-Bamako », a annoncé le colonel Lassana Togola, PDG des aéroports du Mali.

Lundi 10 janvier 2022, à l'issue d'une réunion du Conseil des ministres sous la présidence du colonel Assimi Goïta, président de la transition au Mali, le gouvernement de ce pays a appelé l'ensemble de la population, à l'intérieur comme à l'extérieur du Mali, à une "mobilisation générale", le vendredi 14 janvier 2022.

Hamadoun Alphagalo (Correspondant permanent au Mali)

 

Article du 12 janvier 2022 - 10:51am

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